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 Asheo ❝ sorry for being such a waste ❞

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Sam 15 Oct - 21:27



LEOPOLD & ASHLEY
❝ sorry for being such a waste ❞

Il ne savait pas ce qu’il faisait là, devant la porte de son bureau, la main à moitié levée en l’air, son poing hésitant à taper. Enfin, si, il le savait, mais c’était une terrible idée, encore plus depuis que ses yeux s’étaient posés sur le nom calligraphié sur la plaque. Leopold Devereaux, producteur. Un petit rire, plus proche du sarcasme que de la joie, s’échappa de ses lèvres, et sa main levée finit bien rapidement par venir glisser dans ses cheveux, dans un geste nerveux. Il détesta son père, en cet instant. Enfin non, probablement pas. Il ne pourrait jamais détester son père, même si ce n’était pas l’envie qui lui en manquait. Il valait mieux détester son frère, du coup. C’était plus simple de lui faire porter le chapeau. Après tout, c’était à cause de sa première à lui, qu’il devait demander s’il pouvait s’absenter le temps d’une journée. Bon sang, les répétitions venaient à peine de débuter et le voilà qui demandait un jour de congés. Quelle honte, sérieusement. Comment son père pouvait-il lui imposer de prendre l’avion pour Los Angeles, pour assister à la première de son frère ? Certes, son père en était le réalisateur et sa sœur serait également présente. Mais il venait tout juste d’obtenir le rôle d’Enjolras et son éthique professionnelle l’empêchait de demander cette faveur. Encore moins à son ex petit-ami, du coup.

Un nouveau ricanement, plus nerveux celui-ci, s’échappa, et il inspira longuement pour calmer son cœur qui battait à toute allure dans sa poitrine. Leopold. Leo. Son premier amour. Celui qui, pendant plus de deux ans avait partagé sa vie, celui qu’il avait cru être l’homme de sa vie durant toute cette période. Ashley comprenait pourquoi il avait rompu avec lui et n’en gardait aucune rancœur. Après tout, quand un homme enchaine crise d’angoisse sur crise d’angoisse à la simple idée de tenir la main de son petit-ami dans la rue, de peur d’être surpris par un proche, cela n’engageait rien de bon. Ce n’était réellement pas faute de l’avoir aimé, cependant. Il se demandait même s’il avait déjà aimée une personne plus que lui. Mais non, clairement, même aujourd’hui, il savait qu’il serait incapable d’assumer une relation avec un homme. Rien que deux semaines auparavant, au cours d’un déjeuner avec son père, celui-ci ne s’était pas gêné pour critiquer et se plaindre d’un de ses acteurs, gay, qui lui imposait la vue de son petit-ami lors de ses pauses. Être avec une personne du même sexe que soi était, selon son paternel, une aberration de la nature et, non, jamais Ashley ne pourrait lui avouer qu’il ne parvenait pas à faire la différence entre aimer un homme ou aimer une femme. Donc la rupture avec Leo était prévisible. Déjà cette relation avait été tout bonnement illégale durant leur première année, Ashley n’ayant que dix-sept ans, quand Leo en avait neuf ans de plus. Son père n’aurait pas hésité une seconde à déposer une plainte pour détournement de mineur et à l’envoyer en prison, lui cet homme – noir, qui plus est, attention quelle horreur … – qui avait osé pervertir son benjamin. Donc comment pourrait-il lui en vouloir d’avoir rompu avec lui ? Alors que Leo souhaitait simplement pouvoir vivre sans être caché, pouvoir s’installer, prendre un appartement. Bref, être en couple, tout simplement.

Mais rien que l’idée de devoir le côtoyer durant toute la production le mettait mal à l’aise, et il sentit sa gorge se nouer à cette pensée. Et pourtant, il allait devoir, et cela bien plus tôt que prévu. Il n’avait pas le choix. Son père avait été clair : il ne pouvait le décevoir encore une fois en ne venant pas à la première de son frère. Ses mots. Déception, toujours une déception, rien qu'une déception. Alors il devait prendre son courage à deux mains et taper à la porte, puis lui demander cette faveur. Peut-être que Leo ne se souviendrait plus de lui. Cela faisait cinq ans qu’ils avaient rompus, après tout. Physiquement, il avait changé, passant de ce corps un peu chétif d’adolescent à celui d’un homme, plus en forme suite à ses entrainements de danse ces dernières années. Ashley ne saurait dire s’il appréciait cette possibilité ou non. Probablement pas, finalement. L’idée de n’avoir été qu’un parmi tant d’autres, alors que lui avait eu une telle place dans sa vie, ne l’enchantait guère. Nouvelle inspiration, pour se donner du courage, comme il relevait la main vers la porte, la laissant mollement dans les airs à quelques centimètres seulement d’elle. Allez, ce n’était plus le moment de reculer. De toute façon, qu’il s’agisse de cette faveur ou non, il aurait bien été obligé d’être confronté à lui à un moment ou à un autre. Il finit donc par taper quelques bref coups sur la porte, avant d’attendre d’être invité à entrer à l’intérieur.

Lorsque sa voix, sourde à cause de la porte entre eux, retentit à ses oreilles, son cœur se mit à repartir dans ses envolées, venant résonner jusque dans ses tempes. Boum. Boum. Boum. Boum. Il en fut presque prit d’un vertige, tant il ne s’y attendait pas. Sa main, devenue moite entre temps, se posa sur la poignée, qu’il tourna, avant d’ouvrir la porte et de pénétrer à l’intérieur de la pièce, comme invité. Ses iris se posèrent sur lui, comme pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un homonyme. Il le détailla, longuement, à la limite de l’indécence et de l’impolitesse, sans pouvoir s’en empêcher. Sa respiration se coupa un instant, et il détourna le regard, gêné. Il se racla brièvement la gorge, avant de se passer une main dans les cheveux. Bon, que faire, maintenant qu’il se retrouvait en face de lui ? Le saluer comme un comédien saluerait un producteur ? Le saluer comme un homme saluerait son ex petit-ami ? Un mélange des deux, peut-être ? « Bonjour. » lâcha-t-il finalement, ses iris se posant partout dans la pièce sauf sur lui. Voilà, bonjour, un terme neutre. « Hmmm … Je viens d’avoir le rôle d’Enjolras … Pour Les Mis … Enfin Les Misérables … » Oui, bah oui Ashley, précise au producteur qu’Enjolras est dans la comédie musicale Les Misérables, surnommée Les Mis, il ne le sait absolument pas. Il expira longuement, pour reprendre consistance, avant de reposer le regard sur lui.   « Je ne sais pas si c’est avec toi – avec vous, que je dois voir ça mais … Hmm, j’ai une indisponibilité pour un jour de répétition et … » Il s’arrêta là, comme les larmes commençaient à lui monter aux yeux – de nervosité, de rage un peu aussi, d’embarras. En plus de totalement s’humilier devant son producteur, de se montrer si peu professionnel au point de demander aussi rapidement un congé, il avait fallu que ce dernier soit aussi son ex petit-ami et, en l’instant, il ne saurait dire ce qu’était le pire. Il n’avait rien à faire ici. Il n’aurait jamais dû obtenir ce rôle. Il n’était qu’une mascarade, un imposteur qui n’aurait jamais dû croire qu’il appartenait à ce monde.
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Sam 15 Oct - 21:39

Ses doigts posés sur ses tempes douloureuses, Leopold réfléchissait, ses prunelles sombres fixées sur le cahier des charges posé sur le bureau devant lui. Aucun de ses bilans comptables préalablement falsifiés, du temps où il était encore C.E.O de Desvereaux Inc., ne lui avait jamais paru aussi compliqué que ce que le metteur en scène de sa production actuelle, Les Misérables, lui demandait de faire. Il était sans nul doute prêt à exploser tout le budget pour redonner au chef d’œuvre bien connu un sérieux coup de renouveau mais le producteur n’avait pas l’intention d’y perdre un seul dollar. S’il était le souteneur financier du projet, il restait un homme d’affaires avant d’être un artiste et il était hors de question que le musical ne se transforme en gouffre financier, juste à cause de l’emphase d’un directeur artistique trop zélé. Une moue ennuyée comme ses doigts quittent ses tempes pour pianoter sur le bureau en acajou avant de glisser jusqu’au tiroir fermé à clef qu’il ouvre avec délicatesse, en sortant une bouteille de cognac de laquelle il se sert une longue rasade, appréciant la chaleur dans sa gorge. Décidément, il avait beau aimer l’œuvre avec toute la force de son âme parfois un peu trop naïve, il avait un mauvais pressentiment à ce sujet. Une impression désagréable qui avait commencé dès les débuts des castings quand il avait vu Ashley débarquer sur scène pour les essais. Fort heureusement, planqué au dernier rang du théâtre, Leopold était demeuré invisible à la vue de son ex petit ami, ce qui ne l’avait pas empêché d’observer avec attention. Aussi vrai qu’il aurait voulu le nier, parce que ça l’arrangeait terriblement et que, malgré tout, il en voulait toujours au jeune Lamberts pour la façon dont tout s’était terminé entre eux, même si ça avait été lui, au final, qui y avait mis un terme. Il l’en tenait toujours pour responsable, après toutes ces années. Quand il l’avait vu, pourtant, s’exprimer en chanson sur les planches, il s’était renfrogné un peu plus. Il avait beau détester l’admettre, il fallait bien le reconnaître, le gamin avait du talent. Il ne l’en avait que détesté encore plus pour ça. Fort de son impartialité, il n’avait pas voulu intervenir dans le choix des comédiens, préférant laisser ça à ceux qui en étaient le plus capables, mais il avait tout de même déchanté en voyant le nom d’Ashley s’étaler en calligraphie fine en face du rôle d’Enjolras. Un souci de plus, ce qui n’était pas vraiment nécessaire quand on voyait le nombre de figurants qu’exigeait son directeur artistique, un nombre qu’il lui faudrait raisonnablement diviser par deux, pour la bonne rentabilité du projet. Un soupir comme il se ressert un verre de cognac. Juste un de plus, ce serait amplement suffisant pour recommencer à raisonner clairement. Ou pas. La production, au début, en tous cas, n’avait été qu’un moyen détourné de blanchir l’argent sale que sa société amassait un peu trop vite. Au début. Maintenant, c’était un casse-tête invraisemblable duquel il peinait à se sortir et dans lequel il regrettait parfois de s’être lancé, encore plus quand il voyait à quel point cela pouvait se montrer bien plus compliqué que la réalisation de logiciels informatiques innovants. Souvent, sa Louisiane natale lui manquait à en crever et il mourrait d’envie de sauter dans le premier avion, de fuir New York et d’aller faire un tour en bateau dans le bayou. La sonnerie de son téléphone, lui indiquant la réception d’un SMS, le sort de ses pensées nostalgiques et il déverrouille l’écran de son IPhone pour lire le troisième message en dix minutes envoyé par son directeur artistique. « De la fumée. Beaucoup de fumée. Et un écran géant. » Leopold marmonne un truc incompréhensible mais qui en disait suffisamment long sur ce qu’il pensait de cette nouvelle lubie outrageusement chère, à n’en pas douter, balançant le téléphone dans le tiroir avant de le refermer brusquement. C’était assez pour aujourd’hui et, clairement, il leur faudrait avoir une sérieuse discussion. Juste, pas aujourd’hui. Quelques coups aussi timides que brefs, frappés à la porte de son bureau, le font tressaillir de façon imperceptible et, s’il se fend d’un « Entrez ! » énergique, intérieurement, il s’est déjà promis de commettre un meurtre si cette interruption concerne encore une fois l’une des idées farfelues du metteur en scène. Quand il voit le visage qui se profile après l’ouverture de la porte, il se demande finalement s’il n’aurait pas préféré l’alternative en question. Ashley… De façon imperceptible, son expression se durcit légèrement, son regard se fait plus sombre encore et, clairement, ses doigts se sont crispés un peu plus sur son verre. La façon indécente et sans gêne aucune que le gosse avait de le détailler achève d’ajouter à son agacement et il finit par soupirer, lui dédiant un mouvement de tête un peu brusque pour l’enjoindre à parler. « Bonjour. » Leopold cille légèrement, serrant les dents un peu plus. « Hmmm … Je viens d’avoir le rôle d’Enjolras … Pour Les Mis … Enfin Les Misérables … » No kidding… Comme s’il lui apprenait quelque chose. Tu parles d’un scoop, a-t-il envie de lui répliquer mais ce serait sans doute se montrer trop familier et il n’y avait plus lieu d’une quelconque familiarité entre eux. « Je ne sais pas si c’est avec toi – avec vous, que je dois voir ça mais … Hmm, j’ai une indisponibilité pour un jour de répétition et … » Il s’interrompt, sans doute embarrassé et, si Leopold aurait sans doute pris en pitié n’importe quel autre comédien aussi intimidé par sa personne, il ne s’agissait pas de n’importe qui. On parlait d’Ashley et, forcément, il n’était pas objectif. Pas un seul instant… « Effectivement, ce n’est pas avec moi que vous devez voir ça. Ni ça, ni le reste, d’ailleurs. » Ça c’était fait, au moins… Il avait, en tous cas, le mérite de donner le ton dès le début, ce qui était mieux que la plupart des gens. Le vouvoiement était des plus volontaires également, cherchant à inspirer cette distance qu’il voulait imposer entre eux. Ca aurait pu paraitre ridicule à n’importe qui que de se montrer aussi formel avec quelqu’un dont on avait partagé la vie pendant deux ans. Pour lui, c’était toutefois une évidence. Il ne le reconnaîtrait jamais mais ce gosse avait foutu sens dessus dessous toute sa vie, à l’époque, il était hors de question qu’il laisse quelque chose comme ça se produire à nouveau. « C’est une mauvaise entrée en matière, en tous cas. Peut-être que votre doublure est plus à même de faire le job ? » Une pique cruelle, certes, mais il y avait bien entendu beaucoup de rancœur derrière tout ça. Sans plus lui accorder le moindre regard, il se replonge, en apparence tout du moins, profondément dans le dossier imposant qui lui fait face mais, il lui faut bien l’avouer, chacun de ses sens est concentré sur la présence de l’autre dans la pièce. N’avaient-ils pas fait le tour du sujet ? Pourquoi était-il encore là au juste ? Soupirant, il finit par relever mollement la tête, lui adressant un léger signe du bout du menton. « Que l’on soit clairs, Ashley… Je ne t’ai pas choisi, je ne veux pas de toi dans ce spectacle, je ne veux pas de toi dans ma vie, pas même professionnelle. » C’était dur, oui, c’était plus que volontaire aussi, il était ainsi, Leopold, rarement dans la demi-mesure. S’il est revenu instinctivement au tutoiement, il s’agit juste de bien lui faire comprendre son point de vue et la nature de leurs relations futures…
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Sam 15 Oct - 22:10



LEOPOLD & ASHLEY
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Bon sang, il n’aurait jamais cru pouvoir être au comble de l’embarras. Tout d’abord, devoir s’absenter alors que les répétitions commençaient tout juste. Mais en plus devant son ex petit-ami, qu’il n’avait pas vu depuis plus de cinq ans. Auprès de qui il n’avait aucune idée du comportement à adopter. Plutôt formel ? Plutôt amical ? Heureux de le revoir ? Ou terrifié à l’idée de souffrir de nouveau ? « Effectivement, ce n’est pas avec moi que vous devez voir ça. Ni ça, ni le reste, d’ailleurs. » Ah bon ? Ce n’était pas avec lui ? Mais … Avec qui, alors ? Perturbé qu’il était par ses mots, il lui fallut quelques instants pour réaliser que Leopold ne l’avait ni salué, et qu’il s’était adressé à lui d’une manière très formelle. Il releva les yeux vers lui, le détaillant de nouveau, mais il n’y avait rien chez lui qui laissait à penser qu’il se comportait autrement que comme un producteur envers un de ses comédiens. Il était formel. Il lui indiquait qu’il s’était vraisemblablement trompé et que ce n’était pas avec lui qu’il devait parler de ce genre de choses. Il faillit donc lui demander à qui il devait s’adresser pour avertir de son absence – malheureusement, ce n’était pas comme s’il avait le choix que de se rendre à Los Angeles, il ne pouvait donc pas demander l’autorisation, simplement avertir de son absence.

Mais son ex petit-ami ne lui en laissa pas le choix, reprenant. « C’est une mauvaise entrée en matière, en tous cas. Peut-être que votre doublure est plus à même de faire le job ? » Son ton cinglant, cette pique cruelle, l’attint comme un coup de poignard, et il baissa instantanément des yeux. Oui, peut-être qu’il ne méritait pas ce rôle, finalement. Il l’avait toujours pensé. Il ne savait pas pourquoi il avait auditionné, et il comprenait encore moins comment il avait fait pour l’obtenir. Ce n’était pas sa motivation qui manquait, pourtant, bien au contraire. Il aimait tellement Les Misérables. Et dire que lorsqu’un de ses cousins lui avait offert ce billet pour son dix-septième anniversaire, il avait pensé à l’offrir à quelqu’un d’autre. Il n’y s’était rendu que par respect pour son cousin, sachant qu’il n’avait pas la même fortune que lui et qu’il s’était probablement ruiné pour lui offrir cette place.

Le silence s’installa, comme Ashley repensait à tout ce que cette représentation lui avait apporté. La principale était l’homme installé derrière son bureau. L’homme qui … ne se souvenait pas de lui ? Enfin. Il s’était adressé à lui exactement comme un producteur s’adresserait à un comédien. Il ne l’avait pas salué non plus. Il avait remis en doute sa motivation pour le rôle, alors qu’il savait pourtant ce que Les Misérables représentaient pour lui. Pour eux. Il lui avait parlé d’une manière formelle. Et, pire encore … Quand Ashley s’était immédiatement senti intimidé et surpris en se retrouvant face à lui, Leopold n’avait absolument pas tiqué. Comme s’il était un comédien parmi tant d’autres qui toquaient à sa porte. Comme si cela ne le surprenait pas de le voir ici. Comme s’il ne se souvenait pas de lui. Et il n’avait pas tant changé que ça, physiquement. Toujours les cheveux bruns. Toujours plus ou moins musclé. Toujours la même taille. Il avait à présent une barbe de trois jours qui habillait ses joues, chose qu’il ne portait pas à l’époque. Mais c’était tout. C’était la seule différence entre l’Ashley d’il y a cinq ans et l’Ashley d’aujourd’hui.

« Que l’on soit clairs, Ashley… » commença-t-il alors, lui faisant réaliser qu’il ne lui avait toujours pas répondu. Ashley. Il connaissait son prénom. Le reconnaissait. Ou alors, il avait accès à une liste des comédiens. C’était possible aussi. Il savait donc que le comédien jouant Enjolras s’appelait Ashley. C’était même fort probable, d’ailleurs, que le producteur ne connaisse les noms de ses comédiens. Mais, dans ce cas-là, alors il connaîtrait son nom de famille, aussi. Et, enfin … Sérieusement ? Il avait oublié être sorti, pendant deux longues années, avec un jeune appelé Ashley Lamberts, et qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, la barbe en moins ? Enfin … Vraiment ? Il sentit sa gorge se nouer à cette pensée, comme quelques larmes lui montaient aux yeux. Ne pas pleurer. Ne pas se ridiculiser. Ne pas sortir de ce bureau pour s’isoler. Tu es adulte, Ashley. Calme-toi.  « Je ne t’ai pas choisi, je ne veux pas de toi dans ce spectacle, je ne veux pas de toi dans ma vie, pas même professionnelle. » Et, finalement, l’idée qu’il ne se souvienne pas de lui en était presque meilleure, en comparaison.

Il ne voulait pas de lui, dans ce spectacle, dans sa vie professionnelle. Qu’il ne veuille pas de lui dans sa vie personnelle, il l’avait compris, et accepté, lorsque Leopold avait rompu avec lui. Comment l’en blâmer, de toute façon ? Il avait totalement raison. Ashley n’en valait tout simplement pas la peine. Mais, d’un point de vue professionnel ? Comment aurait-il pu savoir qu’il serait son producteur ? Qu’ils seraient amenés à se croiser parfois ? Il n’y était pour rien. Et, clairement, ce n’était pas juste. Comportement et réaction enfantine, peut-être. Mais l’attitude de son producteur n’était pas beaucoup plus mature, après tout. « Je ne savais pas que tu étais le producteur. » dit-il simplement, avant de croiser ses bras contre sa poitrine dans un réflexe de protection. Il ne savait pas ce qui était le pire, finalement. Avoir envie de pleurer comme un bébé, blessé par ses mots ou ressentir ce besoin d’aller dans ses bras, de poser sa tête contre son épaule et de respirer son odeur. Pathétique. Il était pathétique, dans les deux cas. Il expira longuement, tachant de calmer son cœur qui battait la chamade et l’empêchait de réfléchir convenablement. « C’est peut-être une mauvaise entrée en la matière, mais si j’avais le choix, j’irai à toutes les répétitions, encore et encore. Je l’ai toujours fait, même en tant que doublure. Même quand ce n’était pas à moi de répéter, je me déplaçais. » Son ton se fit plus froid, plus distant, comme il cherchait déjà à se protéger.

Cela avait toujours été comme un réflexe, chez lui. Dès qu’il y avait un risque qu’il soit blessé, il abordait un comportement de distance, pour ne pas se laisser atteindre. Parfois cela fonctionnait. La majorité du temps, c’était loin d’être le cas. « Je suis professionnel. Je ne dis pas qu’il n’y a pas meilleur que moi. Que la doublure n’est pas meilleure que moi. Mais je suis professionnel … J’ai un empêchement qui m’oblige à ne pas assister à une répétition. Cet empêchement n’est pas de mon fait, et j’aurais préféré rester ici. Justement car c’est plus professionnel. » reprit-il en relevant le regard vers lui, le fixant. S’il était toujours intimidé, si son cœur battait toujours si fort jusque dans ses tempes, s’il avait l’impression d’être redevenu ce gamin de dix-sept ans, cela ne s’entendait pas. Il fut même surpris de son audace. « Donc. Si ce n’est pas avec vous que je dois régler cette histoire d’absence. Pourriez-vous m’indiquer la personne vers qui je devrai me tourner, s’il vous plaît ? Je détesterais vous être désobligeant et vous faire perdre votre temps, après tout. » Politesse exagérée, formalité excessive. Mais ce n’était pas vraiment lui qui avait commencé, après tout.
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Dim 16 Oct - 21:35

Il laisse tomber ses bombes verbales les unes après les autres, sans se soucier du mal que ça peut bien lui faire. A peu de choses près, il a littéralement enfilé une cuirasse impénétrable au moment où il l’a vu pénétrer dans son bureau. Alors oui, sans nul doute, il peut paraitre dur et injuste, il passe même sans doute pour le gros con de service, mais il préfère blesser les autres que de se laisser prendre au piège une fois de plus. Il ne se laisserait plus avoir par ces yeux de biches et ces sourires radieux. Il avait déjà donné, non merci. « Je ne savais pas que tu étais le producteur. » Do I look like I care ? est tout ce qu’il a envie de lui répondre mais ce serait les amener sur un terrain glissant, un terrain sur lequel il ne voulait même pas mettre le pied. Ils étaient assez grands pour agir comme des adultes, faire table rase de ce semblant de passé entre eux, de cette histoire qui n’avait mené à rien qu’à de la souffrance des deux côtés. Une relation stérile à pleurer. Alors, il se contente de hausser les épaules, comme si tout cela lui importait peu. « C’est peut-être une mauvaise entrée en la matière, mais si j’avais le choix, j’irai à toutes les répétitions, encore et encore. Je l’ai toujours fait, même en tant que doublure. Même quand ce n’était pas à moi de répéter, je me déplaçais. » Again, I don’t fucking care… Pourquoi est-ce qu’il se sentait obligé de se justifier ? Est-ce qu’il avait l’air d’en avoir seulement quelque chose à foutre de ses états d’âme ? Si j’avais le choix… Une excuse de faible. Le choix, on l’avait toujours. Encore aujourd’hui, Leopold est convaincu qu’Ashley se voile la face, comme il le faisait à l’époque. Il avait eu le choix de s’assumer à ses côtés, avec son soutien infaillible, il n’en avait pas saisi l’opportunité. Il avait le choix de se rendre à cette compétition, il en était convaincu. Juste une excuse de plus… « Je suis professionnel. Je ne dis pas qu’il n’y a pas meilleur que moi. Que la doublure n’est pas meilleure que moi. Mais je suis professionnel … J’ai un empêchement qui m’oblige à ne pas assister à une répétition. Cet empêchement n’est pas de mon fait, et j’aurais préféré rester ici. Justement car c’est plus professionnel. » Un bref instant, Leopold cesse ses griffonnages dans la marge de son dossier pour darder ses prunelles inquisitrices sur lui, comme s’il cherchait à voir la vérité à travers le tissu de mensonges. Ashley n’avait pas vraiment changé. Il avait toujours le même visage enfantin d’éphèbe grec, cette même lueur dans ses iris foncés. Oui, il n’avait pas changé et c’était bien dommage, au final. Le stylo bille tourne et retourne nerveusement dans les mains du producteur mais rien ne transparait sur son visage impassible. Comme quoi, il était meilleur acteur que ce qu’il pensait… « Donc. Si ce n’est pas avec vous que je dois régler cette histoire d’absence. Pourriez-vous m’indiquer la personne vers qui je devrai me tourner, s’il vous plaît ? Je détesterais vous être désobligeant et vous faire perdre votre temps, après tout. » L’ainé ne peut retenir un ricanement moqueur, comme il réplique sur le même ton, tout aussi désagréable et acerbe. « Ce serait un comble, en effet. Tu m’en as déjà fait perdre assez. Presque deux ans quand on y pense… » C’était bas et il avait tout fait pour éviter ce sujet épineux mais il n’avait, décemment, pas pu s’empêcher de saisir cette perche qu’il lui tendait. Et, mine de rien, c’était fou comme ça faisait du bien, au final. Comme si toutes ces choses avaient besoin de ressortir pour pouvoir repartir sur des bases saines et dénuées de tout sous-entendu. Ou presque. « Au final, à la réflexion, c’est mon spectacle après tout… » Façon plus ou moins subtile de lui rappeler qu’il avait presque droit de vie ou de mort sur ses acteurs et qu’il pourrait aisément le remplacer d’un claquement de doigts. « …et le metteur en scène est suffisamment débordé pour lui rajouter des caprices de starlette à gérer… » Et bim… Si l’insulte est subtile, elle est là malgré tout mais il se fend d’un sourire hypocrite, comme s’il n’avait jamais cherché à le vexer. A croire que tout cela n’était qu’un malheureux malentendu quand tout était bien calculé, quand chaque mot était soigneusement pesé. « J’attends, donc. Quelle situation urgente nécessite de rater un jour de répétitions, mh ? Une intervention médicale ? Un enterrement ? C’est forcément quelque chose d’aussi important, pas vrai ? Tu ne prendrais pas le risque de perdre ta place pour une broutille insignifiante, j’en suis certain. » L’ironie transpire dans sa voix, dégouline tant que c’en serait presque trop, et il se laisse aller en arrière dans son fauteuil, les bras croisés, le jaugeant avec un dédain grandissant. Le gosse qu’il avait connu n’aurait jamais fait ça. So he did change, after all… Juste pas en mieux et c’était un gâchis considérable… Clairement, il fallait qu’il se calme ou il allait le mettre en pièces et il était évident qu’une simple demande d’autorisation d’absence n’était pas à l’origine de toute cette tension, presque palpable, entre eux deux. « L’excuse a intérêt d’être bonne mais je ne doute pas de toi, elles l’étaient toujours… » Un sourire en coin, terriblement moqueur, une lueur de déception aussi dans les yeux, comme il faisait, une fois de plus, référence à ce passé qu’il s’était pourtant promis de laisser de côté, quand il avait vu son nom sur la liste des comédiens… C’était plus fort que lui, il ne pouvait pas s’en empêcher, preuve que les blessures les plus anciennes étaient promptes à se rouvrir une fois qu’on en arrachait le pansement. Ses prunelles ne le lâchent pas un seul instant, se réjouissant presque de cette petite vengeance rétroactive, aussi mesquine soit-elle.
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Dim 16 Oct - 22:20



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« Ce serait un comble, en effet. Tu m’en as déjà fait perdre assez. Presque deux ans quand on y pense…  » Ouah. Okay. Il encaissa sa remarque véhémente, comme sa mâchoire se serra et qu’il le fusilla du regard. Il lui avait fait perdre du temps ? Donc qu’importe les bons souvenirs qu’ils pouvaient avoir, pour lui, c’était juste du temps perdu ? Tout ce qu’ils avaient pu partager, c’était juste une perte de temps ? Ce temps passé ensemble, quand à peine ses cours terminés, il se rendait chez lui. Ses devoirs qu’il faisait assis à même le sol, son dos entre les jambes de Leo qui regardait la télévision. Le petit-déjeuner qu’il lui apportait, un sourire bienveillant sur les lèvres. Ces je t’aime murmurés, comme leurs iris étaient plantées l’une dans l’autre, incapable de s’en détourner. Tout ça, c’était du temps perdu, pour lui ? Le fait d’être son premier amour, d’avoir presqu’habité chez lui, quand son père était à Los Angeles pour ses tournages. Il n’arrivait pas à détourner les yeux, à baisser le regard. Il se contentait de le fixer, de le fusiller de ses pupilles, comme il sentait son cœur le blesser encore un peu. Il n’aurait pas cru qu’il souffrirait tant en le revoyant. Il ne s’était pas attendu à ça. Il ne s’était pas attendu à le revoir tout court, de toute façon. Mais à ce qu’il lui balance ça à la figure ? A ce qu’il lui dise que tout ce qu’ils avaient pu vivre ensemble n’était que du temps perdu ? Non, ça, il ne l’acceptait pas.

« Au final, quand on y pense, c’est mon spectacle après tout… » reprit-il pourtant, comme pour enfoncer encore un peu le clou, lui rappelant qu’il était son patron, son supérieur hiérarchique. Qu’il pouvait détruire sa carrière en un claquement de doigts. Il n’aurait qu’à dire qu’il ne voulait pas de lui dans sa production, pour qu’il ne soit renvoyé. Peut-être même était-il capable de le blacklister auprès d’autres producteurs. De ruiner tout ce qu’il avait tenté de construire. « …et le metteur en scène est suffisamment débordé pour lui rajouter des caprices de starlette à gérer… » Caprices de starlette. Caprices de starlette ? De mieux en mieux. Peut-être, qu’en effet, ces deux années avaient été du temps perdu, comme il le disait. Après tout, s’il ne le connaissait pas suffisamment pour savoir qu’il était à mille lieues de ces caprices, alors c’était que rien de ce qu’ils avaient pu vivre ensemble n’avait d’importance. Il ne le connaissait pas. Pour simplement lui dire cela, il ne pouvait pas le connaître. « J’attends, donc. Quelle situation urgente nécessite de rater un jour de répétitions, mh ? Une intervention médicale ? Un enterrement ? C’est forcément quelque chose d’aussi important, pas vrai ? Tu ne prendrais pas le risque de perdre ta place pour une broutille insignifiante, j’en suis certain. »

Il pourrait lui mentir. Lui dire que c’était le cas. Comment Leopold prouverait-il qu’il ne disait pas la vérité, après tout ? Peut-être parce qu’il était un terrible menteur, certes. Mais bon, puisqu’apparemment il ne le connaissait pas, il n’y avait pas de raison qu’il sache s’il était en train de mentir ou non. « L’excuse a intérêt d’être bonne mais je ne doute pas de toi, elles l’étaient toujours… » Un rire, rempli d’ironie et de sarcasme, s’échappa de ses lèvres. Et un nouveau coup de couteau, un. Bientôt, son corps ne serait plus qu’ensanglanté, à force de lui créer des plaies béantes. Le pire, c’était qu’il ne pouvait pas dire que son père le lui avait ordonné. Il ne pouvait pas lui dire que s’il n’y allait pas, il ne serait qu’une déception de plus à ses yeux. Lui dire qu’il essayait juste de faire en sorte que son père l’aime, au moins un peu. Parce que c’était à cause de son père, qu’ils avaient rompu. Parce qu’il avait été incapable de lui dire non, et qu’il l’était encore aujourd’hui.

Il devait donc réfléchir, et vite. Il roula des yeux, les bras toujours croisés contre sa poitrine, avant de lâcher un soupir d’agacement. « Mon frère a sa première. Il faut que je me rende à Los Angeles. » Il ne cilla, ne détourna pas le regard. Parce qu’il savait exactement ce qu’il allait dire ensuite. Ashley n’utilisait jamais son nom de famille. En tout cas, pas pour se faire une place dans le milieu. De toute façon, ici, personne ne le connaissait, autrement que de nom. Il n’avait pas de relations à Broadway. « Alors, certes, je vais rater une journée de répétition. Mais qu’est-ce les Mis va y gagner, à ton avis ? Mon frère va probablement poster pleiiiins de photos sur instagram avec moi en identifié. J’aurais moi-même une meilleure visibilité. Est-ce que ça ne te rapportera pas de l’argent, finalement ? Plus le show est visible, mieux c’est, non ? C’est pas comme ça que ça fonctionne, pour toi ? » Parce que même si c’était blessant, même si c’était humiliant, Ashley savait qu’il était dans l’ombre de son frère. Il l’avait toujours été. Son père le lui disait constamment. Alix, l’acteur prodige. Alix, si talentueux. Alix, si parfait. Et Ashley savait que ses fallowers ne l’étaient probablement que dans l’espoir de voir des photos de son frère apparaître dans leur fil. Ce n’était même pas étonnant. Parce qu’Alix était parfait et, qu’en plus, il était même le meilleur frère qu’une personne pourrait avoir. Lui ne valait rien, et il le savait. Il s’était fait à cette idée, depuis le temps.

« A moins que tu veuilles un chèque, pour rembourser cette journée perdue ? Puisqu’apparemment je suis si indispensable que les répétitions en prendraient un sacré coup, juste pour une journée d’absence ? » Il marqua une courte pause, pour autant, il ne parvint pas à se calmer réellement. Sa mâchoire était tellement serrée qu’elle lui faisait mal, et il reprit, entre ses dents. « Parce qu’il n’y a que le fric qui t’intéresse, non ? Donc combien pour une journée ? Merde, je devrais même dire combien pour ces deux ans de perdu, d’ailleurs. Le temps, c’est de l’argent, non, comme on dit ? » Il ne savait même pas pourquoi il allait sur ce terrain là. Il ne savait même pas pourquoi il perdait son calme. Pourquoi il se laissait ainsi aller à l’énervement. Surtout qu’il n’était pas certain de toucher là où cela faisait mal. Pour ça non plus, il n’était pas vraiment doué, de toute façon.

Pour autant, c’était comme s’il en avait besoin, en cet instant. Comme si, lui aussi, devait cracher ces paroles de vipère. « Donc laisse-moi résumer un peu. Faut passer sous le bureau pour être dans tes bonnes grâces ? Dès qu’on le fait plus, c’est chantage sur le rôle obtenu ? » siffla-t-il presque, le cœur battant à tout rompre, comme il reprenait déjà, se sachant plus véhément encore. « Pas très légal, tout ça. » Ses yeux se remplirent de larmes, et il sentit ses mains trembler bien qu’heureusement cachées par ses bras croisés. Il n’allait pas oser. Il n’allait pas le dire. Il n’en était pas capable. Mais il repensa à ces deux années qui avait compté plus que tout pour lui, et à ce qu’il lui avait balancé en pleine figure, quelques instants plus tôt. « Mais après tout, la légalité n’a jamais vraiment été ton truc. » Une larme coula, et il l’essuya aussitôt, de sa main encore tremblante. Puis il finit enfin par détourner le regard. Et la culpabilité, fléau auquel il était pourtant habitué, l’assaillit. Parce qu’il savait qu’il était injuste. Il savait que Leopold, justement, avait hésité à être avec lui à cause de son âge. Que c’était lui qui avait insisté, alors même que l’adulte aurait pu aller en prison pour cela. Il était injuste, et il le savait. Tout comme Leopold l’avait lui-même été. Alors peut-être qu’il l’avait mérité. Peut-être que lui-même avait eu besoin de se mettre au même niveau que lui. Pourtant, il ne se sentait pas mieux. Il se sentait pire.

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Lun 17 Oct - 9:45

Il était d’une injustice crasse et, s’il en était conscient, il n’en avait rien à foutre. La rancœur et toutes ces choses non-dites pesaient sur son cœur. Réaliser qu’en réalité, rien qu’à le voir, la blessure s’était rouverte et que toute la douleur qu’il avait éprouvée au moment de le quitter, à contrecœur, lui était revenue en pleine face ? Non. Il n’en était pas capable, pas encore et, même s’il l’avait été, ça n’aurait sans doute rien changé. Ses prunelles inquisitrices ne le lâchent pas d’une semelle, attendant son excuse, dont il se doute fort qu’elle ne sera pas satisfaisante. « Mon frère a sa première. Il faut que je me rende à Los Angeles. » Si Leopold hausse un sourcil incrédule, comme il se demande si c’est tout ce qu’il a pu trouver à lui sortir, il ne commente pas. Sa famille, il la connaissait, au moins via les tabloïds et la presse plus noble. Bien sûr, il ne les avait jamais rencontrés, Ashley y avait farouchement veillé, une autre des nombreuses choses qu’il lui avait reprochées à l’époque. « Alors, certes, je vais rater une journée de répétition. Mais qu’est-ce les Mis va y gagner, à ton avis ? Mon frère va probablement poster pleiiiins de photos sur instagram avec moi en identifié. J’aurais moi-même une meilleure visibilité. Est-ce que ça ne te rapportera pas de l’argent, finalement ? Plus le show est visible, mieux c’est, non ? C’est pas comme ça que ça fonctionne, pour toi ? » Le Devereaux ne retient même pas le ricanement moqueur qui franchit ses lèvres. Il n’avait pas besoin de la notoriété de son petit branleur de frère pour faire marcher son spectacle. Mauvaise pioche, comme en témoigne son air impassible et son regard neutre. Il a beau voir avec quelle véhémence Ashley le foudroie de ses pupilles assassines, il ne cille pas. « A moins que tu veuilles un chèque, pour rembourser cette journée perdue ? Puisqu’apparemment je suis si indispensable que les répétitions en prendraient un sacré coup, juste pour une journée d’absence ? » Un sourire plus marqué vient se dessiner sur les lèvres du producteur comme il le voit s’agacer, s’énerver et sortir à son tour son venin, tentant de frapper aussi fort qu’il avait pu le faire lui-même. Malgré tout, il n’avait devant lui que les tribulations d’un enfant et il n’en tenait pas vraiment compte, il ne les prenait même pas en considération. Pour lui, tout ça n’était qu’un caprice… « Parce qu’il n’y a que le fric qui t’intéresse, non ? Donc combien pour une journée ? Merde, je devrais même dire combien pour ces deux ans de perdu, d’ailleurs. Le temps, c’est de l’argent, non, comme on dit ? » S’il pensait gagner en l’amenant sur ce terrain, il se plantait totalement. Certes, leur histoire avait été une parenthèse passionnelle dans laquelle, comme dans toutes choses, il s’était investi à fond, pensant réellement que cela mènerait quelque part, malgré le jeune âge d’Ashley, à l’époque. Il avait voulu y croire mais, malgré l’amour qu’il avait pu porter à ce gosse, il n’avait été que déceptions… Enfin, pas exactement, mais Leopold n’en avait retenu que les mauvais côtés car c’était bien plus facile comme ça. « Laisse tomber pour ça. Tout le fric de ta famille ne suffirait pas à rembourser le préjudice de ces deux ans. » Il n’avait jamais été aussi cruel, aussi acide avec les gens qu’il aimait. Restaient alors deux conclusions : soit il ne l’aimait plus, soit il l’avait aimé trop. Et il ne voulait pas savoir quelle était la vérité. « Donc laisse-moi résumer un peu. Faut passer sous le bureau pour être dans tes bonnes grâces ? Dès qu’on le fait plus, c’est chantage sur le rôle obtenu ? » Le regard du producteur s’assombrit légèrement de façon bien perceptible comme il touche une corde sensible, finalement. Il lui avait fallu le temps… « Pas très légal, tout ça. » Ses prunelles se durcissent davantage, comme il serre les dents, le fusillant du regard en guise d’avertissement. Don’t you dare… « Mais après tout, la légalité n’a jamais vraiment été ton truc. » Oh si, il avait osé… Il le crucifie des yeux, agacé qu’il lui reproche ça quand c’était lui qui avait insisté, lui qui avait tout fait pour le convaincre que leur différence d’âge n’était pas un problème. Il n’y tient plus et, brusquement, il se lève, envoyant valser sa chaise, ses mains claquant à plat sur son bureau, dans un bruit sourd. « Ne joue pas trop avec le feu, Ashley ! » hurle-t-il, sortant de ses gonds, tout à coup. Il avait toujours été sanguin, impulsif, ce qui était souvent le lot des gens passionnés, il n’y coupait pas. Il respire profondément, se calmant progressivement, les doigts crispés sur le bois précieux. C’est plus calmement qu’il ajoute, sans plus le regarder cette fois. « Ne pousse pas le bouchon trop loin. Ma patience a des limites, tu n’as pas envie de les tester, crois-moi. » Un simple avertissement qui vaut aussi comme une menace, qu’il ferait mieux de garder en mémoire. Lentement, il se laisse retomber assis, passant une main nerveuse sur son visage crispé, ne lui accordant plus un regard. Cette rencontre, aussi brève soit-elle, l’avait déjà pas mal éprouvé, l’avait poussé dans ses retranchements. Leur collaboration allait être semée d’embûches, il le pressentait déjà et ça le fatiguait d’avance. « Fais ce que tu veux, le spectacle se fera, que tu sois là ou pas… Tu n’as qu’à voir ça avec le régisseur, je m’en contrefous. » Pour le coup, il l’avait tellement agacé qu’il en avait renoncé à se battre avec lui. Il ne le regarde toujours pas, son visage entre ses mains, éprouvé malgré ce qu’il avait pu faire pour le dissimuler. « Va-t-en. Après tout, on n’est pas obligés de se voir, même pour le travail, ce n’est pas indispensable. Dorénavant, si tu as quelque chose à me communiquer, tu m’envoies un mail ou tu transmets à mon assistante, mais je ne veux plus te voir ici… » Il soupire, daignant enfin lui jeter un regard plein de cette rancœur à son égard, cette déception qu’il avait toujours cherché à cacher. Lui qui croyait qu’il n’y avait rien de plus à briser entre eux, il s’était trompé…
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LEOPOLD & ASHLEY
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« Laisse tomber pour ça. Tout le fric de ta famille ne suffirait pas à rembourser le préjudice de ces deux ans. » Et cela lui fit tellement mal, le mit tellement plus bas que terre, qu’il eut envie de lui faire autant de mal, comme un réflexe de protection. Certes, il n’était pas bon à ça. Certes, il détestait les conflits, qu’il s’agisse d’y assister ou, pire, d’en faire partie. Mais il souffrait tellement en cet instant qu’il voulait simplement qu’il le ressente, lui aussi. Alors les mots sortirent, malgré ses hésitations. Et il espéra toucher un point sensible, malgré toute l’injustice de ses propos. Parce qu’il savait que l’illégalité de leur relation avait bloqué Leopold pendant des mois, jusqu’à ce que lui-même ne parvienne à le convaincre que ce n’était pas grave. Qu’il avait dix-sept ans, qu’il n’était pas non plus un enfant et qu’il était assez grand pour savoir ce qu’il y avait de mieux pour lui – et que Leo était ce mieux, sans contestation possible. Culpabilisant de tout son saoul, il ne put qu’assister à la colère de son ex petit-ami, qui se leva brusquement de sa chaise, les doigts serrés contre son bureau. « Ne joue pas trop avec le feu, Ashley ! » hurla-t-il, le faisant sursauter. Les yeux toujours baissé, de honte, de culpabilité, il ne le vit pas se calmer un peu. « Ne pousse pas le bouchon trop loin. Ma patience a des limites, tu n’as pas envie de les tester, crois-moi. » reprit-il menaçant, pourtant d’une voix plus posée. Et c’était probablement ce qu’il y avait de plus terrifiant là-dedans.

Il finit par se rasseoir derrière son bureau, se passant une main sur le visage, sans le regarder, quand lui cherchait justement à rétablir le contact de leurs yeux. Par naïveté, probablement. Parce que malgré l’évidente colère de son ex petit-ami, malgré la peine qu’il lui avait infligée, il ne pouvait pas rester ainsi. Et lui était réellement à deux doigts de s’agenouiller devant lui pour lui demander de le pardonner pour ce qu’il lui avait dit, pour ce qu’il lui avait fait. Pathétique petit Ashley, ce qu’il pouvait être misérable, à deux doigts de pleurer comme un gamin blessé. Alors qu’il faisait un pas dans sa direction, réellement pour le supplier de le pardonner, le producteur ne lui en laissa pas le temps, reprenant. « Fais ce que tu veux, le spectacle se fera, que tu sois là ou pas… Tu n’as qu’à voir ça avec le régisseur, je m’en contrefous. » Il garda la tête basse, se mordillant la lèvre inférieure pour l’empêcher de trembler encore, au point presque d’en saigner, comme il essayait de calmer son cœur battant bien trop vite dans sa poitrine, en vain. Il pouvait entendre son palpitant jusque dans ses tempes, tant il était fort et rapide. « Va-t-en. Après tout, on n’est pas obligés de se voir, même pour le travail, ce n’est pas indispensable. Dorénavant, si tu as quelque chose à me communiquer, tu m’envoies un mail ou tu transmets à mon assistante, mais je ne veux plus te voir ici… » reprit-il, ce qui n’en finit plus de le mettre mal.

Il n’avait pas envie que cela se termine ainsi. Il n’avait pas envie de partir sur des cris et des larmes. Et même s’il savait que cela n’y changerait rien, il ne voulait que s’excuser, encore et encore. « Désolé de t'avoir dérangé. » lâcha-t-il donc d’une voix très mal assurée. Il eut bien du mal à ce qu’elle ne tremble pas, d’ailleurs. « Et de t'avoir fait perdre du temps ... » reprit-il plus faiblement, sa voix commençant à trembler, comme il le disait tant pour cette entrevue dans son bureau, que pour ces deux années où ils avaient été ensemble. Il allait réellement se mettre à pleurer. Il le sentait, à sa vision qui se floutait déjà, à ses lèvres qui commençaient à trembler, autant que ses mains pouvaient le faire. Il allait pleurer, et il devrait partir avant de s'humilier encore un peu plus. Avant de lui faire perdre son temps, comme il le lui avait si bien dit. Il n'était que ça, après tout. Une perte de temps. Pour son père, qui lui avait bien fait comprendre, dès qu'il était petit, qu'il avait toujours plus important à faire que de le voir. Quitte à le laisser tout seul dans la demeure des Lamberts alors qu'il avait à peine treize ans. Une gigantesque demeure rien que pour lui, sans les parents derrière son dos. Nul doute que beaucoup d'adolescents en auraient rêvé. Et une perte de temps pour Leopold, qui lui rappelait ce qu'il était. Une déception, encore et toujours.

Il ne bougea pas cependant. Même s'il allait craquer, même s'il le devrait. Même s'il devrait partir, quitter ce bureau et ne plus jamais y remettre les pieds. « Je suis désolé. » s’excusa-t-il de nouveau à la place, presqu’implorant. Ils savaient tous les deux que cela n’avait plus rien à voir avec son autorisation d’absence, à présent.   « Pour tout. » Ses yeux embués de larmes se relevèrent vers lui, avant de se rabaisser aussitôt. Désolé, oui, ça il l'était. Désolé pour les mots qu'il avait prononcés, qui dépassaient totalement sa pensée, qui n'avaient été dit que pour le faire souffrir, autant qu'il l'avait fait souffrir lui. Désolé de ne pas avoir été la personne qu'il attendait, la personne qu'il méritait. De ne pas avoir été mieux. « Sache que moi je ne regrette rien, en tout cas. » Sa voix se faisait murmurante, presque suppliante cette fois, comme il espérait qu'il lui dise qu'il n regrettait pas non plus. Qu'il ne valait pas rien, qu'il n'avait pas été juste une perte de temps. Car oui, quitte à remuer le couteau, autant prendre son temps pour raviver les plaies, autant y aller profondément.   « T'es le premier à ... » Il s'arrêta, hésitant. Leopold n'en avait probablement rien à faire. Il lui avait dit qu'il lui faisait perdre son temps.

Et pourtant, au lieu de partir, le voilà qui continuait à parler, à lui dire des choses qui lui étaient probablement sans importance. Après tout, cela lui ferait quoi de savoir à quel point il avait pu l'aimer, hein ? Il n'était probablement qu'un parmi tant d'autres.   « T'es mon premier tout. Premier amour. Premier baiser. Première fois. Première personne avec qui j'ai rêvé d'un futur ... » balbutia-t-il cet aveux, même si ce n’était que la vérité. Peut-être que Leopold le savait. Peut-être qu’il ne le savait pas. Ils n’en avaient jamais réellement parlé. Oh, ils avaient bien entendu parlé de sa première fois avec un homme – c’est-à-dire lui – pour s’assurer qu’il soit prêt, s’assurer que tout se passe bien. Mais jamais sur le fait qu’il était sa véritable première fois. Et que même un vrai baiser, il n’en avait pas eu avant lui. « Et je sais que tout est de ma faute mais ... » Bien entendu que tout était de sa faute. Parce que c’était bien beau de dire qu’il avait rêvé d’un futur avec lui, alors même qu’il était celui à cause de qui cela n’aurait jamais pu avoir lieu. Qu’importe à quel point il avait pu le vouloir. « C'était les deux plus belles années de ma vie. » affirma-t-il en reposant son regard fuyant sur lui, quelques instants, avant de le détourner tout aussi rapidement, de peur de l’affronter alors qu’il se sentait si faible, si dévoilé. Complètement à nu. « Donc désolé que les deux plus belles années de ma vie n'aient rien représentées pour toi et ne soient qu'une perte de temps » Et voila, les larmes coulaient, traîtresses qu'elles étaient, comme il pleurait silencieusement. Les gouttes salées roulaient déjà sur ses joues, apportant cette humiliation qui n'était pourtant clairement pas nécessaire. Mais il n'était qu'un gamin, après tout. À croire qu'auprès de lui il resterait toujours ce gamin de dix-sept ans.
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Lun 17 Oct - 14:38

Il veut juste qu’il s’en aille. Ne plus avoir à supporter sa vue car ça lui rappelait bien trop de souvenirs. Surtout les désagréables en somme, ce qui était sans doute le pire, dans toute cette histoire sordide. Il aurait dû s’en douter, pourtant, au moment où il avait lancé sa propre boite de production, il aurait dû prévoir, qu’à terme, leurs chemins finiraient par se recroiser. A croire, qu’inconsciemment, il ne l’avait fait que pour ça… « Désolé de t'avoir dérangé. » insiste le jeune homme et, détournant à nouveau le regard, Leopold a un mouvement de main agacé dans sa direction, comme on chasserait un insecte un peu trop dérangeant. « Et de t'avoir fait perdre du temps ... » reprend-il, visiblement pas décidé à s’en aller comme il le lui avait pourtant demandé. « Je suis désolé. Pour tout. » Oui, ça, il l’avait déjà dit et il s’en foutait. « Sache que moi je ne regrette rien, en tout cas. » Shut up. Bordel, ferme-la ! a-t-il envie de lui hurler en plein visage mais, il se contente de crisper les mâchoires, les doigts serrés sur l’accoudoir de son fauteuil. « T'es le premier à ... » Ses prunelles remontent brusquement se planter dans les siennes comme s’il le mettait au défi de continuer, de dire ce qu’il avait sur le cœur. Je ne veux pas savoir, tu entends ? Mais non, comme il demeurait inlassablement silencieux et détaché, il ne pouvait pas savoir qu’il n’avait aucune envie d’entendre ça. « T'es mon premier tout. Premier amour. Premier baiser. Première fois. Première personne avec qui j'ai rêvé d'un futur ... » Le producteur peine à retenir le ricanement moqueur qui ne demande qu’à franchir ses lèvres. Rêver d’un futur avec lui ? Quelle plaisanterie ! Il en était presque arrivé à le supplier, passé un moment, d’emménager avec lui, de se montrer main dans la main dans la rue, ne serait-ce que d’aller manger au restaurant sans se faire passer uniquement pour des amis. Bien sûr qu’Ashley l’avait blessé, encore et encore, en voulant cacher leur relation comme s’il en avait honte quand, lui, il était tellement désireux de montrer au monde que le gosse lui appartenait. A quel point il était fier d’être avec lui… Mais non, Ashley avait tout gâché et même sa patience légendaire n’avait pas pu le supporter indéfiniment. Il avait donc rompu avec lui et ça lui avait fait d’autant plus mal que ça avait été une souffrance immense. Maintenant qu’il pensait avoir enfin refermé cette blessure, voilà que le gamin revenait avec la volonté apparente de tout rouvrir. « Et je sais que tout est de ma faute mais ... » Cette fois, il ricane pour de bon, sans se cacher. Au moins, il était lucide, c’était déjà ça, tout n’était pas perdu... « C'était les deux plus belles années de ma vie. » Le producteur serre les dents, soupirant, visiblement agacé par la tournure que prend cette entrevue. Et dire qu’au départ, il ne venait que demander l’autorisation de s’absenter. Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ? « Donc désolé que les deux plus belles années de ma vie n'aient rien représentées pour toi et ne soient qu'une perte de temps. » Il le sent sangloter plus qu’il ne le voit ; il avait toujours été capable de sentir sa détresse et son désespoir, même quand il cherchait à les cacher. Il n’avait, vraisemblablement, pas perdu cette capacité… Un long soupir comme il relève la tête vers lui, sachant déjà ce qu’il va y trouver et il ne se trompe pas. Les larmes coulent silencieusement le long des joues du comédien et, s’il pense un instant à lui dire de foutre le camp, une fois de plus, il ne parvient pas à se résoudre à le mettre à la porte. Il ne trouve pourtant pas la force de le consoler ou de se montrer prévenant avec lui non plus. Non, il n’est pas assez plein d’abnégation pour ça, quand bien même il l’aurait souhaité… « Ça n’a pas vraiment été une perte de temps… » commence-t-il, plantant finalement ses prunelles de jais dans les siennes. Il desserre mollement le col de sa chemise, toujours tiré à quatre épingles quand il s’agissait de venir travailler, ce qui contrastait avec le style un peu grunge qu’il arborait dans la vie de tous les jours. « Au final, c’était une leçon intéressante que j’avais besoin d’apprendre. Peu importe à quel point tu trouves quelqu’un canon, à quel point tu as envie de le déshabiller chaque fois que tu le vois, peu importe à quel point tu l’aimes… Ça ne suffit pas toujours à construire quelque chose de durable. » Et tout était de sa faute, même s’il ne le dit pas explicitement. Il tourne nonchalamment une page du cahier des charges, comme si cela ne le touchait pas vraiment. « Mais je le sais, maintenant, et je devrais sans doute te remercier pour m’avoir appris ça. » Il aurait pu, peut-être, mais il ne le fait pas. Et puis quoi encore ? Une chose était sûre, il n’avait plus refait ce genre d’erreur depuis. Il y a un long moment de silence, peut-être pas si long que ça au final, mais qu’en saurait-il, où son regard s’autorise enfin à détailler le jeune homme. Les années ont fait du bon travail sur lui, il ne pouvait le nier et, certainement que s’il l’avait rencontré dans un bar quelconque, il lui aurait payé un verre ou deux avant de le ramener chez lui pour une nuit endiablée dont il avait le secret. Mais ils étaient déjà passés par là… « Pour le reste… Je te saurais gré de ta discrétion. Je n’ai pas envie qu’on me colle un procès pour pédophilie ou détournement de mineurs… » C’était le genre de choses qui pouvaient encore arriver, si la famille Lamberts l’apprenait, il en était conscient. « Quant à toi, je doute que tu veuilles qu’on dise que tu as obtenu ce rôle juste parce que tu couches avec le producteur… » Il se reprend presque aussitôt, soupirant. « Ou plutôt que tu as couché avec, whatever… » Ceci n’était pas un lapsus, pas du tout.
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Lun 17 Oct - 17:50



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« Ça n’a pas vraiment été une perte de temps… » commença-t-il en plantant ses pupilles dans les siennes. Ashley eut envie de détourner les siennes, comme elles commençaient déjà à être rouges et que, clairement, il n’avait pas envie que Leopold ne le voit ainsi, aussi pathétique, pleurant pour quelques mots blessants. Mais il n’y parvint pas et les paroles de son ex petit-ami lui mirent du baume au cœur. Cela n’avait pas été une perte de temps pour lui. Il ne lui avait dit ça que pour le blesser, au même titre que lui l’avait fait à propos de l’illégalité de leur relation à l’époque. Bon, sauf que Leopold était bien plus doué à ce petit jeu que lui, bien évidemment. Et s’il aurait pu s’énerver qu’il ne lui ait dit ça que pour lui faire du mal, il s’en sentait bien trop rassuré à présent pour cela. « Au final, c’était une leçon intéressante que j’avais besoin d’apprendre. Peu importe à quel point tu trouves quelqu’un canon, à quel point tu as envie de le déshabiller chaque fois que tu le vois » Oh. Okay. Il n’était pas certain de vouloir entendre ça, finalement. Il valait mieux avoir été une perte de temps, plutôt que de n’avoir été qu’une attirance, qu’un corps utilisé pour assouvir ses désirs et besoins. « peu importe à quel point tu l’aimes… Ça ne suffit pas toujours à construire quelque chose de durable. » Il ne retint même pas le soupir de soulagement lorsque Leopold reprit, qu’importe qu’il puisse aisément comprendre d’où il venait.

« Mais je le sais, maintenant, et je devrais sans doute te remercier pour m’avoir appris ça. » reprit son producteur et Ashley ne put s’empêcher de baisser la tête, rompant le contact de leurs yeux. Il n’avait pas envie d’être responsable de ça. Si Leopold ne semblait lui faire aucun reproche présentement, lui le voyait pourtant. Il n’avait pas envie que son ex petit-ami utilise la fin de leur relation comme preuve qu’il ne pouvait être en relation avec personne. Ashley n’était simplement pas cette personne, qu’importe à quel point il avait pu le vouloir. Il faillit le lui dire, mais laissa finalement le silence s’installer, sans vraiment le réaliser. Parce qu’il ne trouvait pas les bons mots, parce qu’il ne parvenait pas à savoir quoi lui dire exactement. Alors il gardait la tête résolument basse, le regardant quelques fois en biais, se mordillant les lèvres avec nervosité. Les larmes avaient cessé de couler sur ses joues et même s’il en gardait encore les traces, il se sentait tout de même soulagé de ne plus s’humilier ainsi.

« Pour le reste… Je te saurais gré de ta discrétion. Je n’ai pas envie qu’on me colle un procès pour pédophilie ou détournement de mineurs… » Il releva la tête aussitôt, comme il le regarda, les sourcils froncés. Bien entendu qu’il n’en parlerait pas. Comme s’il pouvait prendre le risque qu’il se retrouve avec un procès, et surtout qu’il aille en prison puis sur la liste des délinquants sexuels. Parce que nul doute que son père irait jusque là, si cela venait à ses oreilles. Il le savait. Il n’hésiterait pas une seconde à ruiner la vie d’un innocent, simplement parce qu’il croirait qu’il avait profité de lui. Ce qui était du délire complet, si on le lui demandait. Jamais Leo n’avait abusé de lui. Jamais il n’aurait pu le faire. Mais connaissant son père, sa surprotection à son égard, et sa parfaite homophobie, il n’avait que peu de doutes à ce sujet.« Quant à toi, je doute que tu veuilles qu’on dise que tu as obtenu ce rôle juste parce que tu couches avec le producteur… » Il se mordilla la lèvre dans un sourire, comme il réalisa l’utilisation du présent. « Ou plutôt que tu as couché avec, whatever… » se reprit-il, le réalisant lui aussi.

« Arrête, tu sais que je n’ai pas envie que ça se sache. » répondit-il presqu’aussitôt, pour le rassurer à ce sujet, avant de réaliser le double sens qu’il pouvait y avoir. Et il se sentit tellement idiot en cet instant, qu’il en garda la bouche ouverte, balbutiant silencieusement. Après s’être donné plusieurs claques mentales, il finit par reprendre. « Je veux dire … Pour la différence d’âge. Enfin … Tu sais que je ne veux pas que tu aies des problèmes. C’est ce que je veux dire. Je … Pas … Enfin … Je veux pas que tu ailles en prison à cause de moi … C’est ce que je veux dire. Pas … ça. » balbutia-t-il avec nervosité, comme il sentait les larmes lui remonter aux yeux, imbécile qu’il était. Bon sang, ils parvenaient presque à avoir une conversation normale. Enfin, à défaut de normale, une conversation à cœur ouvert, en tout cas. Et voilà qu’il gâchait tout. Il s’en voulait tellement qu’il ne pouvait s’empêcher de le regarder, ses yeux suppliants. « Je l’ai dit à quelques personnes. Pas beaucoup, mais à quelques amis. » reprit-il pour bien souligner que non, il n’en avait pas honte. Que, certes, il ne pouvait prendre le risque que son père ne l’apprenne – que ce soit pour Leopold, d’ailleurs, mais surtout pour lui il fallait bien l’avouer.

« Que j’étais bi … Ou pan … J’ai jamais vraiment réussi à faire la différence entre les deux. » continua-t-il, en roulant des yeux, sentant la nervosité revenir en flèche sur lui, comme il sentait le besoin de se justifier. « Mais bref, je l’ai dit, que j’avais été amoureux d’un homme et en couple avec pendant deux ans … » Encore une fois, il ne l’avait pas dit à beaucoup de personnes. Seulement à des personnes en qui il avait totalement confiance, du moins à l’époque. « Mon ex est au courant de tout, par exemple. » lui affirma-t-il en parlant de Hannah, avant de réaliser que, oui, elle était au courant de tout et que, merde, elle pourrait l’utiliser contre lui – vu sa réaction en le revoyant, Ashley n’était pas réellement rassuré à l’idée qu’elle ait cette information si personnelle sur lui. « Enfin, elle ne sait pas que c’est toi, hein. J’ai dit une fois « Leo », mais ça la rendait bien trop confuse, vu que son jumeau s’appelle Leo. Et bref, du coup, j’ai arrêté de te nommer. » lâcha-t-il ensuite, comme il tentait lui-même de se rassurer sur le fait qu’elle pourrait utiliser cette information contre lui. Enfin, elle n’irait pas le dire à son père, non ? Elle ne le détestait pas à ce point-là, non ?

« Du coup, je doute vraiment qu’elle fasse le lien avec toi. Enfin, c’est même pas comme si j’avais dit ton prénom en entier, d’ailleurs. Juste « Leo ». Une fois. » Oui, du coup, il était certain que lui n’aurait pas de problème en tout cas. « Donc sérieusement, tu risques pas de voir Fantine débarquer dans ton bureau pour te faire du chantage ou quoi. De toute façon, elle prendrait probablement pas le risque d’en faire au producteur. C’est pas vraiment son genre. Elle aime trop son métier pour ça. » Il lâcha un petit rire nerveux, avant de buguer en se disant qu’il venait de lui révéler avoir été en couple avec l’une des comédiennes principales. Enfin, comme l’avait dit Hannah quand ils s’étaient revus, ce n’était pas vraiment un secret non plus. Mais il doutait fortement que Leopold ne soit au courant – ou alors, il aurait fallu qu’il le suive sur instagram, et il n’y croyait pas vraiment. Son rire nerveux s’accentua, comme il réalisait qu’il avait trop parlé. « Bref, je … vais peut-être arrêter de parler, déjà. J’ai pas encore réglé ce « problème » de trop parler quand je suis nerveux. Je suis désolé. » s’excusa-t-il donc, se mordillant de nouveau la lèvre inférieure, comme il triturait ses mains pour s’apaiser. Certaines choses ne changeaient pas, apparemment, et celle-ci en faisait partie. Il pouvait être un véritable moulin à paroles, quand il s’y mettait.
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Mar 18 Oct - 13:26

Il avait utilisé le présent sans vraiment s’en rendre compte et il lui avait suffi de voir le petit sourire d’Ashley pour se reprendre aussitôt. Qu’il n’aille pas s’imaginer que cela signifiait quelque chose, qu’il n’aille pas penser qu’il avait encore une chance avec lui. Ce n’était pas le cas. « Arrête, tu sais que je n’ai pas envie que ça se sache. » Le plus vieux fronce les sourcils, légèrement contrarié. Oui, ça il avait compris durant ces deux années passées ensemble, merci beaucoup. Le jeune homme semble s’apercevoir de son air vexé comme il reprend aussitôt, cherchant à se justifier. « Je veux dire … Pour la différence d’âge. Enfin … Tu sais que je ne veux pas que tu aies des problèmes. C’est ce que je veux dire. Je … Pas … Enfin … Je veux pas que tu ailles en prison à cause de moi … C’est ce que je veux dire. Pas … ça. » Il l dévisage un long moment, presque suspicieux, avant de décider que tout cela n’en vaut pas la peine et de hausser les épaules avec désinvolture. Whatever… Quand est-ce qu’il partait, déjà ? « Je l’ai dit à quelques personnes. Pas beaucoup, mais à quelques amis. » Pardon ? Il avait bien du mal à le croire et, à la réflexion, au vu de la mise au point qu’ils venaient d’avoir, il ne savait pas s’il devait en être content ou inquiet. « Que j’étais bi … Ou pan … J’ai jamais vraiment réussi à faire la différence entre les deux. » Ouais, ben qu’il ne compte pas sur lui pour l’aider à éclaircir sa sexualité, cela ne le regardait plus depuis bien longtemps et il ne voulait plus rien à voir à faire avec ça. « Mais bref, je l’ai dit, que j’avais été amoureux d’un homme et en couple avec pendant deux ans … Mon ex est au courant de tout, par exemple. » Si ses mâchoires se crispent de façon presque imperceptible à la mention du mot ex, il n’en laisse pourtant rien paraitre. Il n’avait pas vraiment attendu de lui qu’il se morfonde pendant des années de l’avoir perdu. Ça aurait été ridicule… Mais ça lui aurait sans doute fait plaisir aussi et il se retrouvait là, presque vexé d’avoir été remplacé aussi aisément. « Enfin, elle ne sait pas que c’est toi, hein. J’ai dit une fois « Leo », mais ça la rendait bien trop confuse, vu que son jumeau s’appelle Leo. Et bref, du coup, j’ai arrêté de te nommer. Du coup, je doute vraiment qu’elle fasse le lien avec toi. Enfin, c’est même pas comme si j’avais dit ton prénom en entier, d’ailleurs. Juste « Leo ». Une fois. » Bla bla bla… Il avait omis ce léger détail à propos d’Ashley et la logorrhée verbale dont il était capable de faire preuve lorsqu’il était nerveux. Pour le coup, ça n’arrangeait pas du tout son mal de tête persistant. Il allait finir par ne plus l’écouter et le foutre à la porte si ça continuait… « Donc sérieusement, tu risques pas de voir Fantine débarquer dans ton bureau pour te faire du chantage ou quoi. De toute façon, elle prendrait probablement pas le risque d’en faire au producteur. C’est pas vraiment son genre. Elle aime trop son métier pour ça. » Sorry, what ? Ah yes, the virtuous Fantine… Il relève brusquement la tête, le fusillant du regard, sans en connaître la raison. Etait-ce une pointe de jalousie ou la contrariété de savoir que deux de ses acteurs principaux avaient eu une histoire et que leurs éventuels états d’âme pouvaient être un frein au bon déroulement du show ? Il ne le savait pas lui-même. Il savait juste que ça ne lui plaisait pas et, de toute évidence, ça se voyait sur son visage, à entendre le petit rire nerveux dont se fend le plus jeune. « Bref, je … vais peut-être arrêter de parler, déjà. J’ai pas encore réglé ce « problème » de trop parler quand je suis nerveux. Je suis désolé. » Un bref moment de silence pendant lequel les deux se dévisagent et se jaugent, sans savoir vraiment comment réagir, encore moins quoi dire… « De toute évidence, non… » finit-il simplement par répondre avant de soupirer, se servant un autre verre de cognac. Un coup d’œil rapide en direction du gamin avant qu’il ne sorte finalement un second verre qu’il remplit avant de le faire glisser dans sa direction. « Ecoute, Ashley, tu fais bien ce que tu veux de ton cul, tant que ça n’interfère pas dans mon business, c’est compris ? » Il porte le verre à ses lèvres, le vidant d’une seule traite en grimaçant avant de le reposer un peu trop brusquement sur son bureau, ses doigts glissant lentement sur le cristal finement ouvragé. « En tous cas… Tu as l’air en forme, j’imagine que c’est une bonne chose. Good for you… » termine-t-il nonchalamment quand en réalité, il est tout sauf détendu. Il sort un paquet de cigarettes de sa poche, s’en allumant une, faisant de nouveau glisser l’objet dans sa direction, sans parvenir à se souvenir s’il fumait ou non à l’époque où ils s’étaient rencontrés. Les volutes de fumée s’envolent vers le plafond, la nicotine s’infiltrant dans son organisme et lui faisant un bien fou. Il reste silencieux, le temps de fumer la totalité de sa clope et de l’écraser avec application dans le cendrier. Ses prunelles reviennent se planter dans celles du jeune homme, comme il interroge soudainement, à brûle-pourpoint. « Et sinon ? Tu as couché avec quelqu’un d’autre de mon équipe ? Que je sois au courant, tant qu’à faire… Parce que si tu t’es fait tout Broadway, j’aimerais autant le savoir, ça peut avoir son importance, pour le boulot… » Il a une moue contrariée, tandis qu’il croise les bras sur sa poitrine, se laissant retomber en arrière dans son fauteuil, le jaugeant de son air inquisiteur, une lueur indescriptible dans les prunelles.

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LEOPOLD & ASHLEY
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« De toute évidence, non… » finit-il par lui répondre, n’arrangeant en rien son malaise. Ce n’était pas non plus vraiment de sa faute. Enfin, il avait toujours été comme ça, lorsqu’il était nerveux. C’était soit ça, soit il était incapable de dire quoique ce soit. Il ne savait pas vraiment ce qui était le pire. Peut-être le premier cas. Après tout, en se taisant, on ne pouvait pas dire des imbécilités ou remuer le couteau dans la plaie comme il avait pu le faire. Il le vit se servir un verre de cognac, et se demanda donc si la conversation était terminée. Elle l’était probablement. Leopold lui avait déjà demandé de partir, et n’attendait probablement que ça : qu’il s’en aille enfin, et quitte son bureau, ainsi que sa vie par la même occasion. Il s’était montré très clair à ce sujet. Alors nul doute qu’il devrait probablement l’écouter et enfin partir. Mais il haussa un sourcil interrogatif, comme son ex petit-ami était en train de lui servir un verre, à lui aussi, avant de le faire glisser dans sa direction. Ashley se rapprocha de son bureau de quelques pas, avant d’attraper le verre, le fixant sans rien dire, ou faire. Ses yeux se posèrent sur la chaise posée à quelques centimètres de lui, et il hésita. Pouvait-il s’y asseoir ? Ou est-ce que ce serait mal vu, après tout ce qu’il venait de se passer, de s’imposer encore ? Mais, dans le même temps … En lui servant ce verre, Leopold lui faisait une invitation tacite, non ?

« Ecoute, Ashley, tu fais bien ce que tu veux de ton cul, tant que ça n’interfère pas dans mon business, c’est compris ? » reprit son ex petit-ami, vidant son verre d’une traite dans une grimace. Il baissa la tête. Bien entendu qu’il ne voulait parler que de business. De quoi d’autres, sinon, hein ? Ils s’étaient tout dit, après tout – et Ashley un peu plus que lui, probablement. « En tous cas… Tu as l’air en forme, j’imagine que c’est une bonne chose. Good for you… » Un rire ironique s’échappa de ses lèvres, comme il roula brièvement des yeux. Oui, on pouvait dire ça. Après tout, il avait obtenu le rôle d’Enjolras, c’était probablement suffisant à son bonheur. Si on enlevait le fait qu’il avait mené à son terme un an et demi de relation, qu’il n’était qu’une déception pour son père, probablement qu’un poids pour son frère et sa sœur, bref, le vilain petit canard de sa famille, tout allait bien dans sa vie, oui. Le verre toujours tenu entre ses doigts, il regarda le paquet de cigarettes, dubitatif. Il ne fumait pas réellement – le chant était un peu sa passion, en même temps. Mais une de temps en temps, cela lui arrivait. Et puis, cela voulait dire qu’il pouvait rester. Au moins sept minutes, le temps qu’elle soit consommée, en tout cas.

Attrapant le paquet de son autre main, il finit donc par s’asseoir sur la chaise, s’y installant. Il huma un peu son verre, avant de le porter à ses lèvres, et d’en avaler une gorgée, qui lui tira une grimace – il n’était pas vraiment habitué à boire, en même temps. De la même façon, s’il lui prit une cigarette de son paquet, il ne la fit que tourner entre ses doigts, sans l’allumer pour autant, comme retardant le moment où elle serait terminée. Leopold ne l’attendit pas, en tout cas, écrasant déjà la sienne dans le cendrier. Soit sept minutes venaient de se découler, soit il fumait très vite. Dans les deux cas, il n’y avait pas vraiment porté attention, il fallait bien l’avouer. « Et sinon ? Tu as couché avec quelqu’un d’autre de mon équipe ? Que je sois au courant, tant qu’à faire… Parce que si tu t’es fait tout Broadway, j’aimerais autant le savoir, ça peut avoir son importance, pour le boulot… » reprit-il finalement, et Ashley lâcha un soupir d’agacement. Sérieusement ? Le connaissait-il si peu que cela ?

« Oui, bah oui, j’ai enchainé les conquêtes, en étant totalement bourré et défoncé. J’ai fait le tour des bars et ouuuuh, c’était bien fun, dis-donc ! » répondit-il dans une ironie très forte, et c’était tellement mal joué que l’on pourrait se demander comment il pouvait être comédien. « Sérieusement ? » lui demanda-t-il en haussant un sourcil, avant de ramener son verre en bouche pour une nouvelle gorgée. « Comme si c’était mon style. » reprit-il sans détourner le regard, comme il continuait de jouer avec sa cigarette, toujours hésitant à l’allumer. « J’ai couché avec deux autres personnes, depuis toi … » lui avoua-t-il, un peu honteux tout de même, sans savoir réellement quelle en était la raison. Etait-ce parce qu’il parlait de ses « conquêtes » avec son ex petit-ami – sujet oh combien inapproprié – ou parce que le nombre était parfaitement ridicule, et qu’il le prendrait peut-être comme un nul ? Mais Ashley ne pouvait pas coucher « juste comme ça ». Réellement, il en était incapable. Non pas qu’il ait véritablement essayé, pour être parfaitement honnête. Mais ce n’était tout simplement pas quelque chose qui l’attirait, de se rendre dans un bar et de finir la nuit avec un parfait inconnu. Le sexe avait plus de valeur pour lui que juste ça. Non, il considérait cela comme un véritable partage, une preuve de sentiments réels. Bref, toute ces niaiseries que l’on voyait dans des films romantiques, en somme. Ridicule, probablement pathétique, mais il était ainsi.

« Mais … Je ne veux pas que tu te serves de moi comme « preuve » d’une impossibilité de vie de couple … » reprit-il, de but en blanc, avant d’enfin porter sa cigarette en bouche pour l’allumer. Il tira une bouffée dessus – qui le fit tousser, bien évidemment – avant de reprendre. « Je veux dire … Par rapport à ce que tu as dit tout à l’heure. C’est pas parce que ça n’a pas fonctionné entre nous que … » Il était nul, il ne savait même pas s’exprimer. Et il se dépitait véritablement. Il tira une nouvelle bouffée de nicotine, la laissant lui monter doucement à la tête, avant de soupirer longuement. « Bref, le problème, c’était moi. Tu le sais, hein ? Toi tu es parfait. Tu as toujours été parfait. Parfaitement parfait. C’est juste moi qui … » Il savait que cela ressemblait étrangement au cliché du « c’est pas toi, c’est moi », mais dans son cas, il le pensait véritablement. De tout son être, même. Il rougit un peu, réalisant ce qu’il venait de dire sur sa « perfection », avant de se racler un peu la gorge pour se redonner consistance. « Bref, le problème est toujours venu de moi, pas de toi. Donc j’ai aucun doute sur le fait que tu trouveras quelqu’un. Quelqu’un qui te méritera bien plus que moi, en tout cas. » Parce qu’il s’était toujours demandé ce que l’homme avait bien pu lui trouver, après tout. Qu’il ne l’avait jamais compris. Et que, oui, clairement, Leo méritait tellement mieux que lui.
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Mar 18 Oct - 15:47

Il le détaille alors qu’il s’assoit sur la chaise en face de son bureau, comme si le simple fait de lui avoir offert un verre et une cigarette était une invitation à rester là. Peut-être que ça l’était, au fond, sans qu’il ne le réalise. Un tour de son inconscient, sans doute. A moins que ce soit tout bonnement autre chose. Il dissimule un demi sourire en le voyant grimacer au contact de l’alcool ambré sur sa langue, tandis que la cigarette tourne entre ses doigts sans qu’il ne prenne la peine de l’allumer. Lui, pourtant, a bien allumé la sienne et l’a fumée avec une rapidité record, l’écrasant avec un peu trop de force pour que cela soit vraiment honnête, avant de poser la question fatidique. Oh bien sûr, il n’avait aucun droit de regard là-dessus et c’était clairement un défouloir gratuit, mais il n’avait pas pu s’en empêcher, il avait fallu qu’il le dise… « Oui, bah oui, j’ai enchainé les conquêtes, en étant totalement bourré et défoncé. J’ai fait le tour des bars et ouuuuh, c’était bien fun, dis-donc ! » Leopold fronce les sourcils, détournant le regard, l’air de rien. Oui, il l’avait sans doute un peu cherchée, cette réponse, mais bon, il n’avait jamais été du genre à retenir les choses qu’il avait à dire, peu importait si elles pouvaient se montrer blessantes pour la personne qu’il avait en face. « Sérieusement ? Comme si c’était mon style. » Le producteur hausse les épaules avec désinvolture ; comme s’il le connaissait encore, après toutes ces années de silence radio complet. Oui, ça ne lui ressemblait pas et, en même temps, comment pouvait-il en être sûr, lui ? « J’ai couché avec deux autres personnes, depuis toi … » La langue de Leopold claque contre son palais et il a un mouvement de main agacé dans sa direction, comme pour l’inciter à se taire. Cela ne le regardait pas, ça ne l’intéressait pas et il ne voulait pas savoir avec combien de personnes ou avec qui il avait bien pu partager ses draps. Thanks, but no thanks. « Mais … Je ne veux pas que tu te serves de moi comme « preuve » d’une impossibilité de vie de couple … » Le plus vieux hausse un sourcil interrogateur, une lueur presque incrédule dans les yeux. Sorry, what ? Qu’est-ce qu’il pensait connaître ou savoir au juste ? Ses paupières se plissent légèrement, comme il attend la suite, déjà certain qu’elle ne va pas lui plaire. « Je veux dire … Par rapport à ce que tu as dit tout à l’heure. C’est pas parce que ça n’a pas fonctionné entre nous que … » Que quoi… ? La tournure que prend cette conversation commence sérieusement à devenir dérangeante et ses ongles tapotent le bois du bureau, avec un agacement certain. Il allait faire quoi ? Lui donner des conseils sur la gestion de sa vie privée quand il avait été incapable, aux dernières nouvelles, de construire la sienne ? Une blague, sans doute… « Bref, le problème, c’était moi. Tu le sais, hein ? Toi tu es parfait. Tu as toujours été parfait. Parfaitement parfait. C’est juste moi qui … » Le Devereaux laisse échapper un ricanement moqueur avant de lever les yeux au ciel, presque consterné par cette discussion. Mais, voyons le bon côté des choses, au moins Ashley avait conservé un brin de lucidité… « Bref, le problème est toujours venu de moi, pas de toi. Donc j’ai aucun doute sur le fait que tu trouveras quelqu’un. Quelqu’un qui te méritera bien plus que moi, en tout cas. » Il dissimule son rire nerveux en avalant une autre longue rasade de cognac. Il valait sans doute mieux qu’il arrête là ou il risquait de donner son aval à tous les projets complètement fous de l’équipe de mise en scène et ce serait tout de même fort coûteux, même pour un budget comme le leur. « Non pas que ça te regarde de quelque façon que ce soit, mais… » Il s’étire nonchalamment, se fendant d’un sourire radieux, comme si cela n’avait pas la moindre importance, comme si ça ne le touchait en rien quand, en réalité, il avait mis des mois à se remettre de leur histoire. « …je n’ai aucun problème de ce côté-là, je te remercie de ton inquiétude ! » Il hausse les épaules avec désinvolture, une fois de plus. « Je mène une vie d’épicurien que je trouve tout à fait saine. Pas de promesses non tenues, pas d’attachement inattendu, pas d’engagements ni de drames… » Ses phalanges caressent machinalement le bois de son bureau, dans un mouvement affreusement régulier. « Je me suis débarrassé de tous les inconvénients pour n’en conserver que les avantages ; l’adrénaline du premier rendez-vous, le plaisir intense. » Il passe une main rapide sur son crâne rasé court, comme pour se défaire des dernières pensées qui l’habitent. Pensées fort agréables à en croire son sourire rêveur. Ses prunelles sombres reviennent se planter dans celles de son ex-petit ami, inquisitrices, comme s’il cherchait la moindre trace de malaise dans le regard du jeune homme, sans savoir s’il a envie de voir une telle chose dans ses yeux… Il ne sait même pas ce qui le pousse à poursuivre quand, pourtant, cette conversation aurait dû être terminée depuis longtemps. A croire qu’il avait développé un certain côté masochiste, lui aussi… « Bien sûr, tu n’es pas intéressé par ce genre de relations. C’est tout à fait dommage, soit dit en passant. Tu ne peux donc pas comprendre… » Un nouveau sourire radieux, presque provocateur. « A moins que tu aies changé, après toutes ces années ? » Il le toise avec un sourire en coin plus léger, passant un pouce amusé sur sa lèvre inférieure, comme pour en retirer une gêne imaginaire. « Mh… Non, sans doute pas… » Pas que ça lui déplaise. Ou peut-être que si. Il ne savait plus vraiment. Mais en toute honnêteté, il n’aurait pas dit non pour remettre le couvert, sans obligations aucunes, sans autres formes d’engagements. Soupirant, il lève les yeux au ciel, se laissant retomber dans son fauteuil. « Well, j’ai du travail donc, si on a fait le tour… » Il a un bref regard en direction de la porte qui veut tout dire…
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Mer 19 Oct - 11:27



LEOPOLD & ASHLEY
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Il ne savait pas vraiment comment ils en étaient arrivés là. Sincèrement, il serait bien incapable d’expliquer comme ils en étaient arrivés à parler de leurs vies amoureuses – ou sexuelles. Lorsque l’on pensait à comment avait débuté leur entrevue, l’évolution avait été très rapide. Commençant par se blesser mutuellement, sciemment même – ce qui était probablement le pire, selon lui, de vouloir à ce point faire souffrir l’autre, le voir misérable ; lui-même n’avait dû ressentir ce sentiment, ce besoin, pas plus d’une ou deux fois dans sa vie – avant de se calmer, probablement à cause des cris et des larmes qui avaient résonnés dans cette pièce. Puis, la nervosité. Le malaise. Ashley était habitué au stress. Il était un stressé de la vie, pouvant se mettre à angoisser très rapidement – jusqu’aux infernales crises d’angoisse qui lui bouffaient la vie – et autant dire qu’il gérait très mal son stress. Si le trac était salvateur, contrôlable tant l’adrénaline que cela lui apportait pouvait être vivifiante, c’était très loin d’être le cas pour son stress au quotidien. Autant dire qu’il s’était mis à parler, très vite, très maladroitement, enchainant les gaffes sur les gaffes, idiot qu’il pouvait être. Et puis, surprenant, Leopold l’avait invité – en quelque sorte – à rester et à s’installer en face de lui, comme il lui avait offert un verre et une cigarette. Et les voilà, maintenant, discutant de leurs vies privées, comme si de rien n’était – ou presque.

« Non pas que ça te regarde de quelque façon que ce soit, mais… » Non, clairement, cela ne le regardait pas. Mais en toute honnêteté, il le voulait heureux. Oh, il y avait tout de même cette pointe qui lui serrait les tripes, ce point qui lui oppressait le cœur. Mais ce n’était pas important. L’important, c’était que Leo soit heureux. Et comme lui n’arriverait jamais à le rendre heureux, alors tant pis si ce n’était pas avec lui. Il ne disait pas que c’était simple, qu’il ne ressentait rien à cette idée. Il ne disait même pas qu’il ne sentait pas une pointe de jalousie le prendre, à l’idée qu’il soit avec quelqu’un d’autre. Ce serait faux. Mais ce qu’il ressentait était bien moins important que le bonheur de son ex petit-ami, après tout. « …je n’ai aucun problème de ce côté-là, je te remercie de ton inquiétude ! » Cool. Il serra un peu la mâchoire, tentant de ne pas montrer ce que cette révélation lui faisait, avant de ramener le verre à ses lèvres pour en boire une nouvelle gorgée. Il n’aurait pas dû lui parler de ça. Ce n’était pas ses affaires et, en plus, cela le faisait plus souffrir que ce qu’il n’aurait cru. Mais il n’avait fait que lui retourner la question, après tout. Et surtout, c’était tout de même un sujet important.

« Je mène une vie d’épicurien que je trouve tout à fait saine. Pas de promesses non tenues, pas d’attachement inattendu, pas d’engagements ni de drames… » Oh. C’était justement ce qu’il craignait. Il ne voulait pas que leur relation ne soit la raison au fait qu’il baisse les bras, et ne cherche plus à poser pour créer une famille. Parce qu’il l’imaginait tellement vivre dans une maison, avec un mari et des enfants. Il savait qu’il le voulait. Après tout, il avait rompu avec lui parce qu’il ne pouvait le lui apporter. Parce que la seule idée d’en parler à son père, voire même de juste sortir en tant que couple, lui filait de telles crises d’angoisse qu’il avait l’impression qu’il en mourrait. Alors il le voulait forcément, il ne pouvait pas que coucher à droite et à gauche, sans vouloir plus. « Je me suis débarrassé de tous les inconvénients pour n’en conserver que les avantages ; l’adrénaline du premier rendez-vous, le plaisir intense. » Non, il n’y croyait pas une seule seconde. Si c’était réellement le cas, alors il n’aurait pas rompu avec lui. Après tout, ça aussi, il pouvait le faire avec lui. C’était justement parce qu’il voulait plus, qu’il avait mené leur relation à son terme.

Il laissa ses iris se planter dans celles de son ex petit-ami, comme il ramène sa cigarette entre ses lèvres, avant de tirer dessus. Il ne voulait pas que sa cigarette ne se consume entièrement. Pas tout de suite, en tout cas. Il savait qu’à l’instant où il l’écraserait dans le cendrier, alors il devrait partir. Mais, tout en fumant le plus lentement possible, il ne détourna pas son regard du sien, comme hypnotisé par ses yeux chocolats. « Bien sûr, tu n’es pas intéressé par ce genre de relations. C’est tout à fait dommage, soit dit en passant. Tu ne peux donc pas comprendre… » Le sourire qu’il lui lança le perturba, et il finit par baisser les yeux. Ses pupilles se posèrent sur un porte-carte, et il s’en saisit d’une, la faisant glisser entre ses doigts. Il la regarda, sans réellement la voir, comme son pouce redessina la calligraphie de son nom. « A moins que tu aies changé, après toutes ces années ? » Il se mordilla la lèvre inférieure, avant de secouer doucement la tête de droite à gauche en signe de négation. Non, en plus il le lui avait dit quelques minutes plutôt. Il n’avait couché qu’avec deux autres personnes, et était donc bien entendu sorti avec elles, plus ou moins longtemps.

« Mh… Non, sans doute pas… » en conclut-il donc en se relaissant tomber dans son fauteuil – et Ashley ne l’avait même pas vu s’en lever, c’était dire à quel point il pouvait être perturbé ; à moins que la faute n’en revienne à l’alcool, il avait bu la moitié de son verre, après tout, c’était probablement suffisamment à le perturber un peu. Un coup d’œil à sa cigarette lui apprit que dans trois bouffées, tout au plus, elle serait finie, et qu’il devrait l’écraser dans le cendrier. Il ne le voulait pas. Mais il savait qu’il ne pourrait pas faire durer ce moment indéterminément. C‘était sûr et certain. « Well, j’ai du travail donc, si on a fait le tour…» reprit son ex petit-ami, alors qu’il ramenait sa cigarette en bouche pour la troisième fois – cigarette qui, clairement, ressemblait plus à un mégot cette fois-ci.

Il resta ainsi sans bouger un moment, avant d’acquiescer. Oui, il l’avait suffisamment dérangé ainsi, lui avait suffisamment imposé sa présence comme ça. Il ne pouvait pas vraiment abuser de sa politesse – parce que c’était juste pour cette raison qu’ils avaient parlé, non ? Parce qu’il avait vu qu’Ashley était mal suite à son « Ces deux ans étaient une perte de temps », et qu’il avait probablement culpabilisé un peu en réalisant qu’il pleurait. Quelque chose dans ce goût-là, en tout cas. Probablement absolument pas suite à une envie de passer du temps avec lui. « Oui, je vais te laisser. » répondit-il en acquiesçant de la tête de nouveau. « Merci. C’était … Enfin … Bref, j’espère qu’on pourra se revoir, parfois. » Oui, même s’il lui avait dit de lui envoyer un mail ou de passer par son assistante, s’il avait besoin de lui dire quelque chose, il espérait ne pas y être obligé, et que Leopold aurait changé d’avis d’ici-là. Il se leva, sans finir son verre – non, clairement, il ne le pouvait pas, il n’était vraiment pas habitué à boire juste comme ça – avant de rejoindre la porte en marche arrière, sans le quitter du regard. Jouant avec sa carte de visite entre ses doigts, la faisant tourner un peu plus pour se donner consistance qu’autre chose, il soupira un peu, avant de se mordiller doucement la lèvre inférieure. « Bon bah … Bonne fin de journée. » dit-il finalement, avant d’enfin quitter son bureau – et de lâcher un long soupir de soulagement une fois cette étrange atmosphère quittée.

LEOPOLD & ASHLEY
❝ to be continued ... ❞

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