:: MANHATTAN :: Downtown :: East Village

 needy self | seth&kennedy

avatar
‣ Messages : 349
‣ Points : 719
‣ Age : 30
‣ Emploi : Danny Zuko dans Grease, ex-star de films Disney, roi des irresponsables
‣ Situation amoureuse : Célibataire et gros papillonneur. Divorcé, aussi - après un mariage extrêmement court et peu-productif avec Scarlett Van Doren.
Jeu 3 Nov - 0:16

Il y avait quelque chose à propos de Seth: il aimait se vanter. Enfin, ce n’était pas exactement ça. Il avait besoin de partager ses triomphes pour pouvoir les réaliser pleinement. Il avait besoin de faire des listes interminables de ses réussites à qui voulait l’entendre, ou à qui ne voulait pas l’entendre d’ailleurs, et c’était seulement à partir de là qu’il était profondément heureux. Ouais. C’était peut-être un petit peu ridicule - et puis superficiel, aussi. Il n’avait jamais prétendu être mature, de toutes façons. C’était même plutôt le contraire. Quand on prenait la peine de le complimenter, il était heureux comme un gamin. C’était aussi glorieux que piteux.
Autant dire que la misère répondait à la jubilation de la réussite du premier show alors qu’il était assis en tailleur sur son canapé, comme un con, son chien lourdement endormi à ses côtés, sa bouteille de bière ouverte sur la table basse. Il avait même cette expression sur son visage, dangereusement proche de la moue boudeuse d’un tout jeune adolescent - et ce en dépit du fait que absolument personne ne pouvait le voir à cet instant. Flint, le fidèle corgi, dormait comme un bienheureux. Il faisait déjà un temps pourri au-dehors, lui ruinant même le plaisir de sortir se poser sur sa terrasse. C’était, à terme, comme un grand triomphe totalement raté. C’était piteux, ouais, totalement piteux - et son portable silencieux le narguait, posé aux côtés de sa bière.
Que faire. Qui tanner. Quand il eut l’illumination, et qu’il décida dans la foulée de sauter dans ses fringues les plus proches, il aurait presque pu se fustiger de n’y avoir pas pensé plus tôt. Bien sûr. Kennedy.

Certes. Elle n’était pas la plus consentante des envoyeuses de fleurs. Il en avait parfaitement conscience, Seth - mais quelque part, cela rendait tous les compliments qu’elle prononçait à demi-mots encore plus cools et précieux. Kennedy avait quelque chose de dur par moments, parce qu’elle avait quelque chose de franc. Elle ne disait rien « pour faire plaisir », et encore moins pour ses beaux yeux - même s’il les avait forts beaux, merci bien. Tout ça, au moins, faisait que Kennedy était fiable. C’était bien pour cela que Kennedy était aussi, l’air de rien, sa meilleure amie - même s’il rechignait toujours à utiliser ce terme, bizarrement persuadé qu’il avait un petit quelque chose d’enfantin et de ridicule.
Kennedy, aussi, finirait bien, à l’usure, par lui répondre - comme, arrivé en bas de son immeuble après un trajet en taxi, il souriait de toutes ses dents comme un con, son portable à la main. A chaque fois, une série de tonalités. A chaque fois, une fois ces tonalités terminées, il relançait un appel. Encore plus chiant que la sonnette, probablement - mais dans le doute il l’activait de temps à autres elle aussi. Oh, oui, à ce stade c’était certainement du harcèlement. Peut-être même qu’elle était en train de menacer d’exploser, prise entre la terrible sonnette et son téléphone qui devenait chèvre. Pas une seule seconde il n’avait pensé au fait qu’elle pouvait très bien le laisser crever tout seul dehors, sous la pluie qui commençait lentement mais sûrement, dans un petit jeu de patience auquel elle risquait fort de gagner. Elle n’était pas si cruelle, si? Okay. Okay. Parfois, si. Bon, bah, y’avais plus qu’à croiser les doigts - ce qu'il fit. Ce qu’il fit jusqu’à l’instant où la porte s’ouvrit enfin, le laissant débouler dans les escaliers pour les grimper de quatre à quatre, littéralement détrempé.
Et après? Et après il se jeta littéralement dans l’antre de la jeune femme, tout sourire, pour coller un baiser sonore sur sa joue - trépigner en déblatérant toutes les politesses de rigueur, les « Comment tu vas? » et les « Bonjour au fait » et les « Je suis content de te voir » - peut-être un petit peu trop vite pour la situation, parce que quand même, il ne venait pas ici pour rien, il avait ses ambitions, ses buts et ses priorités. C’est probablement pour cette raison que, après ce qui était tout au plus cinq solides secondes de suspens, il eut cet immense sourire, le front à moitié dissimulé sous la triste gravité des cheveux humides, en déclarant: « J’ai été bon, hein? A la première. J’ai été bon? », puis une moue « Au cas où tu te poses la question: je suis clairement venu pour ça. Enfin, en partie. Enfin, je suppose que t’es pas dupe. »
Après tout, sauver les apparences n’avait jamais été son fort - loin de là. A vrai dire, ce n’était même pas sur une place élevée de sa terrible liste de priorités - mais il fallait insister sur ce point, elle était complètement en vrac. Un regard tout autour de lui, une moue « J’espère que je te dérange pas. Est-ce que tu as une serviette? Je suis, hum, trempé. » Aucun effort de transition. Pourquoi en aurait fait-il, après tout? Il avait abandonné une bière pour les beaux yeux de Kennedy Hobbs - c’était déjà un effort colossal de sa part, même si elle n’en saurait probablement jamais rien. En attendant, il traînait dans la petite flaque qui commençait à se former au pied de ses chaussures reluisantes, avec clairement un air de puppy en attente.
Ouais. Il y avait quelque chose à propos de Seth: il aimait se vanter. Et cela allait au-delà de la pluie qui se déversait atrocement tôt sur New York aussitôt l’automne arrivait, au-delà l’effort nécessaire pour se traîner hors de chez lui pour prendre un taxi, au-delà de l’humidité glaçante qui avait chopé tous ses vêtements et aussi au-delà des conventions sociales. Sûrement qu’un psy aurait eu beaucoup de choses à dire à ce propos - mais il ne comptait pas en voir un de sitôt, alors il ne se posait pas réellement la question. Tant pis pour une Kennedy sûrement déjà agacé par toute cette histoire, ou tout simplement dépassée par les évènements et par la tournure improbable que venait de prendre sa soirée. Et non. Il ne s’était pas demandé une seule seconde si elle avait quelque chose de prévu. Tralala.


guys, be cool
(c) anaelle
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 
needy self | seth&kennedy


 :: MANHATTAN :: Downtown :: East Village
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mr Kennedy renvoyé de la WWE!!!!
» [Kennedy, Douglas] Une relation dangereuse
» [Kennedy, Douglas] La poursuite du bonheur
» [Kennedy, Douglas] Les charmes discrets de la vie conjugale
» Le PT109 de JF KENNEDY au 72 ème

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum