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 stuck in the middle with you + alvin

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Sam 12 Nov - 15:25

S’il y avait bien une chose que Silas adorait, c’était la période avant Noël. Il n’y avait rien qui pouvait battre l’ambiance délicieuse du mois de Novembre, Décembre. Les lumières, le froid, les odeurs de chocolat chaud et les décorations de Noël qui était mise de plus en plus tôt chaque année. Oh, il ne fallait pas se leurrer, cette année allait être bien différente. Les élections encore clairement trop récente avait tout chamboulé et avait créer ans tous les Etats Unis une mauvaise ambiance. Est-ce que Silas était serein ? Non. Du tout même. S’il n’avait jamais été plus paisible que pendant les mandats d’Obama, il devait avouer que la campagne électorale et le vote de mardi dernier lui avait fait grincer des dents. Et s’il n’était pas exactement du genre à sortir dans la rue pour manifester son contentement - bizarrement il était quelqu’un de plutôt calme et discret sur ce genre de chose - il savait que c’était la genre de chose que Salome allait faire et il se rongeait déjà les sangs à ce sujet. Mais comme Silas n’était pas exactement du genre à s’inquiéter dans son coin sans rien faire, il avait décidé de sortir. Il était hors de question que cette élection gâche sa période préféré de l’année. Hormis Salome, qui était quand même un ovni en son genre, la famille Dunn n’avait jamais été très politique et il était hors de question que leur tradition soit gâché par l’arrivé du 45ème président des Etats-Unis - c’était une nouvelle en soit d’ailleurs, le faite qu’ils en étaient à quarante cinq. Bref, Silas avait donc décidé qu’en accord avec leur tradition familiale, il emmènerait Salome au Wollmann Rink, comme il le faisait tous les ans depuis qu’elle était en âge de patiner. Voir le grand frère et la petite soeur patiner ensemble était quelque chose d’absolument adorable et s’il avait manqué le rendez vous ses derniers années - notamment parce qu’il y était allé avec Alvin - il ne comptait pas le manquer cette année. Même si Salome n’avait pas franchement l’air d’avoir envie d’y aller, bizarrement. Qu’est-ce qu’il s’était passé dans cette famille ? Est-ce que tout partait à volo ? Ou est-ce qu’ils avaient tous grandit sans que Silas n’ait l’occasion de s’en rendre compte ? Ce n’était plus fun d’aller à la patinoire ? Silas lui adorait toujours la patinoire. Et sans se vanter, il était même plutôt bon. Comme quoi il savait plutôt bien bouger son corps sur la terre ferme comme sur la glace. Bon c’était loin d’être une star du patin, mais honnêtement il se défendait plutôt bien. Il avait la grâce et le rythme, il était capable d’enchainer plusieurs figures sans se ramasser. Il était capable d’entrainer Salome avec lui et de slalomer entre les gens. Mais voilà, Salome était moyennement enthousiaste. Oh elle ne le montrait pas, mais il n’était pas dupe. Déjà, elle avait convaincu Rebecca de les accompagner. Et si Silas était ravis d’avoir une autre de ses soeurs avec lui, il n’était pas complètement stupide. il savait ce que Salome pensait de lui en ce moment - ce n’était pas dur, la petite dernière était terriblement franche et dans un instant de colère elle lui avait déjà craché ses quatre vérités au visage, c’était douloureux. Rebecca était donc là comme un garde fou au cas ou Silas devenait trop étouffant. Sympa. Mais bref, il avait choisit d’ignorer cette démonstration débordante d’amour familiale et avait décider de ne prendre que le positif. A savoir une après midi avec se deux soeurs favorites. Ca ne pouvait qu’être cool, non ?

Ils s’étaient donc habillé en conséquence. Déjà il ne faisait pas très chaud, mais en plus la patinoire dégageait son lot de fraicheur. Enfin, pour Silas s’habiller en conséquence signifiait mettre une grosse écharpe en plus d’un gros gilet de laine sans trop de forme, le tout par dessus un pantalon plus slim tu meurs. Il avait aussi mis des guêtres pour protéger ses mains et un bonnet que l’on qualifierait de hipster et qu’il avait pourtant acheté à l’African Market de Harlem pour protéger la pointe de ses oreilles. Puisqu’ils n’avaient pas réfléchit, ils étaient arrivés à une heure pleine et avait du faire longuement la queue avant de pouvoir choper une pair de patin et de rejoindre la piste de patinage. A peine ils eurent les pieds sur la glace, Salome se décida à taper un sprint à travers la foule pour se séparer d’eux. Silas soupira et souffla à l’attention de Rebecca « Is she mad at me or something ? » il souffla et ne fut guère satisfait de la réponse évasive de sa soeur « well… sometimes she is still a teenager » Mouai. Peut être. Ou alors il avait été particulièrement relou, il n’en avait strictement aucune idée. Il haussa les épaules et rentra sa tête dans la massive écharpe qu’il portait à son cou avant d’aller patiner. Au moins ça, ça ne lui prendrait pas la tête. Enfin si seulement ses patins pouvait être autre chose que complètement pourri. Il savait que le Wollman Rink n’était pas exactement une patinoire professionnelle, mais est-ce qu’on était obligé d’avoir des lames qui crissait littéralement sur la glace et donnait l’impression qu’il était d’avantage entrain de gravir le mont Everest à coup de piolet que de glisser sur une surface lisse. Il se retourna pour prévenir Rebecca mais la vit à l’autre bout de la piste avec Salome. Meh, les deux filles s’en sortiraient bien sans lui sans aucun doute. Il sortit de la piste en marchant lamentablement sur la lame de ses patins avant de retirer ses chaussures et de marcher en chaussette jusqu’à l’un des comptoirs. Il s’arrêta net en voyant Alvin derrière l’un des comptoirs et se retourna brutalement. Fuck. What was he doing here ? Bon la question était stupide. Il savait très bien qu’Alvin bossait n’importe ou et surtout dans les endroits les plus minables. Mais sérieusement ? Etait-il obligé de venir ici ? Il se retourna de moitié pour voir l’autre comptoir et  du se rendre à l’évidence, l’autre vendeur était entrain de s’afférer avec un groupe, il était pas près d’être libre. Il pouvait éventuellement continuer d’aller gravir le mon Everest avec ses patins foireux. Fuck it. Qu’est ce qu’il en avait à faire après tout ? C’était finit non ? Et s’il voulait bien prouver à Salome qu’il allait bien, il fallait justement qu’il aille demander à Alvin de lui changer sa paire de patin. Voilà, comme un grand. Il se rapprocha d’un pas décidé, quoique minable parce qu’en chaussette jusqu’au comptoir et posa les patins dessus avant de dire « Hey… I would like to change those. They’re broken. » Il regarda délibérément dans le vide, tapotant sur le comptoir avec ses doigts. Come on Alvin, don’t make this weird. Please, don’t make this weird.
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Sam 12 Nov - 20:25

A un moment donné, dans la vaste blague qu'était sa vie professionnelle, Alvin Byrd avait tenté de tenir un joli petit carnet d’auto-motivation dans lequel il notait les dates d’entrée dans chacun de ses jobs et tentait de se motiver à les garder en s’affolant de lui-même par le nombre - et aussi par une copieuse suite d’insultes exclusivement adressées à lui-même histoire de se donner un gros coup de pied au cul. Il n’avait pas fait long feu. Pour être tout à fait honnête, il n’avait probablement pas duré deux mois - juste le temps d’être repéré par sa soeur et par son légendaire lever de sourcil sarcastique (What the actual fuck is that, Alvin?, qu’elle avait dit - et quelque chose dans son visage semblait trahir le fait qu’elle ne savait pas trop si elle devait en rire ou en pleurer. Dans le doute, elle se foutait quand même un petit peu de sa gueule, parce que c’était apparemment la logique à adopter dès qu’elle s’adressait à lui). Il y pensait cependant ce jour là, tout juste de retour de sa pose clope, à se geler les miches au beau milieu de Central Park. Il adorait les gamins, il adorait la foule, il avait une sainte horreur du froid - et l’impression que son organisme avait décidé que dans la perspective d’une mort imminente il valait mieux commencer par abandonner les extrémités, comprenez qu’il se pelait les couilles, les oreilles, les pieds, et tout un tas d’autres choses charmantes. Ouaip. Dans le joli petit carnet d’auto-motivation, il aurait pu faire une entorse à toutes ses règles et écrire « FIND A REAL JOB, YOU DUMBASS, ALVINS AREN’T MADE TO LIVE OUT THERE IN THE COLD », histoire de se rappeler jusqu’à la fin de ses jours qu’il avait plus de chance de survivre en se lançant dans le marché illégal des bombes artisanales qu’en s’exposant tous les jours à des températures polaires. Sors un peu, prendre l’air te fera du bien, sans picoler de préférence hein, qu’il s’était dit en répondant à la petite annonce dans le journal (oui - il y avait encore des gens pour faire ça, oui il en faisait partie, oui il avait tout à fait trouvé le journal en question abandonné dans le métro en rentrant d’une soirée un peu trop agitée, non il n’avait jamais été capable de lire un journal en entier). Mon cul, ouais. A ce rythme, on lirait bientôt dans un autre journal une oraison funèbre à Alvin Byrd, who died because why the fuck is it that cold in november.
Il n'en avait jamais eu grand chose à taper du réchauffement climatique, mais il en avait quelque chose à taper du réchauffement climatique quand il décidait de venir faire tripler la fumée qu’il recrachait pendant la tranquille consommation de sa clope et lui faire se demander si ses organes génitaux seraient un jour à nouveau tout à fait fonctionnels.

En vrai, peut-être (mais juste peut-être, hein) qu’il en faisait des caisses juste parce que bosser le faisait chier sur le principe. En vrai, peut-être qu’il s’était déjà pointé ici par le passé et à ces dates et n’en avait pas fait une putain de montagne - n’avait pas mis toute son énergie et tout son sens de la mode à s’enrouler dans cinq couches de fringues et une écharpe qui rappelait à s’y méprendre le tapis de sa salle à manger (okay, la salle à manger de ses parents: la sienne se résumait au recoin sur la gauche de son canapé, celui qui ne se noyait pas sous les débris de tabac à rouler et les bouquins qu’il balançait en l’air deux minutes chrono après les avoir ouverts). Il y a un moment auquel, probablement, on peut commencer à s’affoler quand même votre break-up dog (« he’s not a freaking break-up dog, he’s Tramp and I love him », qu’il avait dit à sa soeur le jour où il s’était pointé avec le gros molosse en question. Elle avait eu un regard circonspect avant de lui répondre « He’s a break-up dog, but at least you didn’t decide to go blonde this time. Consider myself happy with that. ») vous regarde l’air de dire que vous en faites un poil trop. Il ne s’était pas affolé. S’il avait pris la peine de réfléchir deux minutes, oui, probablement qu’il aurait songé à la dernière fois qu’il avait mis le pied à Wollman Rink, il y avait un an de cela, au bras de Silas, excité comme un gamin et totalement insensible aux températures de saison. Mais, là encore, il n’avait pas pris la peine de réfléchir deux minutes. C’était cool, parfois, la mauvaise foi.
Même qu’elle vint se lire à la perfection sur son visage quand il reprit son poste et, dans un dramatique bien soigné, s’appuya sur le coude sur le rebord de celui-ci. Derrière lui, ses étalages de patins à glace vomissaient joyeusement des, bah, patins à glace - lui gagnant parfois un regard de parfaite horreur de son collègue, qui lui avait pris la peine de faire sa mise en place bien comme il fallait (mais sérieusement, qui prenait la peine de se prendre la tête avec ce job - ils louaient des patins à glace comme de pauvres saisonniers, la plus grande promotion imaginable sur place consistait probablement à revenir au même endroit vendre des barbes à papa en été. yeepee). Un regard à sa montre - qui, à précisément quatre heures quarante, avait l’air de faire tout autant la gueule que lui - et il renfonça un petit peu plus sa tête dans les méandres de sa monstrueuse écharpe-plaid-couverture-tapis-whatever. Vers deux heures de l’après-midi, en revenant d’une un peu trop longue pause déjeuner au goût de son employeur, il avait réalisé qu’il était un génie et que l’état de son étalage de patins à glace réduisait par approximativement cinquante pour cent sa charge de travail par rapport à son voisin sur-organisé et sur-avenant. A ce stade, il aurait pu se dire qu’il risquait d’être renvoyé grand max dans trois jours, mais la perspective de rentrer chez lui se blottir contre son radiateur avec un café et une partie épique de The Legend of Zelda: randomized sur son ordinateur le remplissait de plus de joie que d’horreur. De temps en temps, une petite fille arrivait toute joyeuse en avance sur sa grand-mère récalcitrante pour lui demander des patins, apparemment insensible au chaos ambiant - il lui répondait avec un grand sourire parce que how cute, et puis retour à la semi-léthargie. C’était très bien comme ça. S’il y avait une qualité pour laquelle il se félicitait régulièrement, c’était celle qui lui permettait de faire la sieste en toutes circonstances, y compris les yeux ouverts et en faisant son job. Chacun son art.

Mais avec toute sieste venait toujours un réveil. Qu’il soit spontané (genre « oh putain j’ai dormi combien de temps? »), extérieur (style, mes voisins sont des éléphants), ou volontaire (ça, ça lui arrivait assez rarement). Ce jour là, il fut extérieur et tout à fait involontaire - juste un petit quelque chose spotté du coin de l’oeil alors que le poids de sa tête commençait à se faire un petit peu trop lourd sur le menton qu’il avait appuyé sur la paume de sa main, qui le fit sursauter violemment et s’agiter dans un piteux mouvement de panique. Les informations alentour s’abattirent sans douceur aucune sur le coin de sa gueule - combien son stock était en effet en bordel, combien il devrait filer un coup de main à son partenaire au lieu de pioncer à moitié, combien il était potentiellement un vrai branleur aussi, des choses comme ça. N’importe qui aurait eu ce genre de réaction devant son boss, mais pas Alvin: oh, non, quand son boss s’était pointé quelques heures plus tôt et avait jeté sur lui un regard somptueusement courroucé, Alvin s’était contenté de bailler paresseusement et de lui adresser un signe de la main parce que nice piece of ass, to say the least. Nah. Il avait juste vu son ex. Juste vu Silas, qui le regardait à cet instant avec quelque chose qui ressemblait à du désespoir dans les yeux. Pas le désespoir qu’il aurait pu espérer. Hélas.
Fuck fuck fuck fuck fuck fuck.
Il avait besoin d’un verre, et d’une porte de sortie.
Ou juste besoin d’un cerveau fonctionnel. Besoin d’arrêter de regarder fixement les patins que l’autre homme venait de déposer autoritairement sur le comptoir, comme un poule qui aurait trouvé un couteau. Besoin de fermer la bouche, aussi, potentiellement - voilà, check. Relève-les yeux vers lui, maintenant, Alvin, wait, no, bad idea, shitty idea, retreat, retreat, NOW. Il ne l’avait pas vu depuis combien de temps, déjà? Six mois? Un truc du genre? Moins? Plus? A la façon dont Elie ou Debbie le regardaient quand il amenait le Sujet (avec un grand S pour Silas, il avait trouvé la formulation intelligente jusqu’à l’instant auquel sa soeur avait répondu « Oh shut the fuck up with that ») sur la table, il aurait presque pu penser que ça faisait dix ans, et qu’ils étaient sur le point de commettre un meurtre, à l’usure. Est-ce que Silas venait de dire un truc? Merde. Silas venait de dire un truc. Et of fucking course il était trop occupé à paniquer pour se rappeler comment écouter. Cela dit, ce bonnet lui allait fort bien, pour un bonnet de hipster. Wait. Information parasite. Il avait comme l’impression que les choses ne finiraient pas très-très bien pour son cul si il faisait encore une remarque sur le fait que damn, those eyes, tho. Ni s’il disait quelque chose sur le fait que c’était très clairement un bonnet de hipster quand même. A la place, parce que bien sûr ça allait arranger son cas, il coassa un « What? » un petit peu trop suraigu pour être honnête - finit de se redresser tant bien que mal: « It’s… nice… seeing… you… here… ». Ses yeux clignèrent bêtement au son de sa propre voix et à l’accent extrêmement étrange qu’il venait d’adopter pour dire ces mots. Il aurait pu rougir, si le sang avait encore réussi à circuler correctement dans son organisme entre le froid polaire et les couches de fringues qui venaient flinguer sa circulation en prime. « You… look… » hot, i want your babies « …Great. ». Bien. Il allait avoir besoin d’une solide dose d’auto-conviction ce soir pour se donner même la vague impression qu’il n’avait pas eu l’air du dernier des cons. Peut-être que le moment opportun d’engager un psy était enfin arrivé. « Howhaveyoubeen? » et un orthophoniste, pour lui apprendre à parler, a priori. Il avait posé les deux mains sur les patins à glace, parce que d’une façon ou d’une autre il avait l’impression que c’était ce qu’on attendait de lui à cet instant, et… c’était tout. Elles restaient là. Parce que la suite des opérations avait mystérieusement disparu de son cerveau. Et puis, c’était pas juste, quand même. Il n’allait même pas prétendre qu’il ne voulait pas revoir Silas - who was he kidding -, il voulait juste être prévenu avant de revoir Silas histoire de prévoir un discours, le réviser, et le sortir avec toute la classe et le brio que absolument personne en ce bas monde n’attendait de lui. Le tout, de préférence, pas à Wollman Rink alors qu’il prétendait bosser. « What did you want? I wasn’t quite there. » Euphémisme. Mais, au moins, il parlait relativement normalement. Curieusement, la sensation des patins à glace sous ses mains lui donnait l’impression qu’un indice sur la démarche à suivre et la requête se trouvait juste, juste là et qu’il n’était juste pas capable de le comprendre. Mystère et boule de gomme. A la place, il se concentra intensément sur un long pincement de lèvres, releva les yeux pour passer du visage de Silas (ugh, freckles) à un point invisible à côté de son oreille pour le-regarder-sans-tout-à-fait-le-regarder, inspira, expira.
Ouaip.
C’était une bonne journée pour mourir.


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Dim 13 Nov - 0:02

Normalement, s’il y avait une chose que Silas savait bien gérer, c’était les ruptures. Il savait les faire propre et sèche. Enfin surtout sèche, et définitive. Enfin… Parfois il lui arrivait d’oublier de les faire. Ouai… non. Il n’y avait pas vraiment de règle avec Silas. Il n’était pas réellement doué pour tout ce genre de truc. Mais une chose était sur, normalement il n’était pas bizarre. Enfin, là ce n’était pas particulièrement lui qui était bizarre. Quoiqu’il avait quand même hésité ne serait-ce qu’à se pointer au comptoir. Pour Silas c’était bizarre. Parce que le Silas normal s’en foutrait totalement. Il pourrait lui demander de lui refiler une paire de patin. Il pourrait même lui demander de les lui enfiler. Aucun problème, aucune honte. Silas normal n’avait aucune sensibilité amoureuse. Il était un connard insensible, il l’avait prouvé à maintes et maintes reprises. Le problème c’était que là, présentement, il n’était pas normal. Il avait envie de fuir et d’abandonner ses foutues patins. S’il n’avait pas eu de fierté et que sa soeur n’était pas à l’autre bout de la patinoire attendant exactement ce genre de démonstration de sa part, il aurait fait exactement cela. Il aurait évité Alvin, et il aurait fait ce qu’il savait faire de mieux dans une rupture : maintenir la distance. Mais non. Il avait une fierté à la con, et il ne comptait pas donner l’occasion à Salome de jubiler. Il n’espérait donc qu’une seule chose : qu’Alvin ne rende pas ça plus compliqué que ça ne l’était déjà pour lui.

Mais. Ah. Ah. Quelle idée ?! Comment pouvait-il avoir cru ? Non. Comment pouvait-il avoir espéré qu’Alvin lui rendrait la tâche facile ? Il n’y avait pourtant rien de bien compliqué. C’était sans aucun doute le job le plus simple du monde. Non, Silas n’était pas du tout entrain de le juger maintenant. Mais tout de même. En regardant le tas immonde de patin sur leur droite, il se disait que quand même, Alvin ne s’aidait pas. Et certes il ne regrettait pas de le connaitre, mais tout de même. Pouvait-il faire moins d’effort ? Enfin bref, prendre les chaussures, en trouver d’autre et les lui tendre. Voilà, c’était tout, trois pauvres actions. Certes, la deuxième pouvait prendre un certain temps vu le bordel qu’Alvin avait laissé s’installer. Mais tout de même. Rien de bien sorcier. Rien qui nécessitait de le regarder comme un poisson hors de son bocal. Please Alvin, don’t do this. Il se souffla à lui même dans sa tête en serrant sa mâchoire, le regardant l’air insensible alors que l’autre homme était visiblement dans tout ses états. Don’t do this. Please don’t do this. Close your mouth. React damn it ! React ! Fuck! Alvin ! Don’t be stupid ! Est-ce que les choses ne pouvaient pas être simple ? Après tout, Alvin se vantait de pouvoir être ami avec tout ses exs. Ils étaient mal parti pour être amis si Alvin avait toujours l’être de ressentir la plus intense panique lorsqu’il le voyait. Certes, c’était la première fois qu’ils se revoyaient. Mais est-ce que cela serait différent les autres fois ? Est-ce que Silas voulait qu’il y ait une autre fois ? Pourquoi diable pensait-il a tout ça maintenant ? Il en avait rien à foutre. Rien à foutre du tout. C’était une rupture. God damnit.

Et puis voilà, Alvin dans toute sa splendeur. Inutile. Silas soupira sans même chercher à le cacher. Parce que oui il était déçu. Il était déçu parce que de toute évidence ça n’allait pas être facile. Alvin n’allait pas juste lui chercher ses patins et les lui filer. Ca aurait été trop beau. Il le fusilla du regard sans vergogne. Non, ce n’était pas sympa de le voir ici. Il n’avait aucune envie de le voir ici. C’était son après midi sympathique en famille avec ses soeurs. Et déjà Salome lui faisait la gueule. Il n’avait pas en plus envie de voir son ex. Il arqua un sourcil et soupira à nouveau au compliment. Lui aussi surement. Mais ce n’était pas la question. Il ne voulait pas que ça soit la question. Parce qu’ils ne faisaient pas ça. Il ne voulait pas faire ça. C’était hors de question. Parce qu’il ne savait pas ce que ça, c’était. Il n’avait aucune idée de comment il devait agir et que ça l’angoissait. Et non. Non. Non. Il voulait juste des patins. Et retourner patiner. C’était la période avant Noël bordel ! C’était sa préférée ! Ne pouvait-on pas le laisser tranquille deux secondes ?

Il finit par soupirer longuement « Iceskate Alvin. » Au cas ou il y avait besoin d’avoir plus d’un master pour se douter de ce que Silas faisait ici. « I’m here for Iceskate » il roula des yeux et jeta un regard on ne peut plus sec et évident en direction des dits patins qu’Alvin avait dans les mains « But that should be obvious. » il souffla en se frottant les cheveux à travers le bonnet. Putain il avait pas envie de faire ça. Mais alors pas du tout. Il soupira « Can we just do this ? the Iceskate thing ? » il souffla doucement en relevant un peu les yeux vers Alvin. Parce qui, il l’avait potentiellement un peu ignoré avant ça. Il avait envie d’être à l’autre bout de la pièce, et s’il n’était pas en chaussette cela serait exactement là qu’il serait à l’instant. Il ne comprenait pas ce qu’Alvin faisait ici. Enfin si, il travaillait. Enfin travaillait, c’était tout relatif. Mais il faisait semblant au moins. « Because i don’t want to do the… What the fuck you are doing right now » peut être qu’il était un peu violent. Il l’était surement. Il devrait sans doute s’excuser… Ou pas. Alvin le connaissait. Il savait qu’il ne savait pas faire ça. Et puis franchement. Il devait savoir qu’il était ridicule. Non ? Meh, non, il n’allait pas s’excuser tout de suite, ça ferait assez pathétique. Il verrait bien comment Alvin réagirait et il aviserait à partir de là. Parce que de toute évidence il était obligé d’attendre qu’Alvin lui donne de nouveau patin pour s’en aller. Il était donc à la merci des humeurs super hormonales de l’autre homme. Super.
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Dim 13 Nov - 1:03

C’était l'un de ces moments hautement confusionnants pendant lesquels son cerveau décidait qu’il était hautement opportun de partir simultanément dans les deux sens - et autant d’un côté tout lui semblait aller trop vite (pour être précis: ce qui allait trop vite, c’était une litanie de fuck fuck fuck fuck it’s silas fuck do i look dumb? i must look dumb, again, fuck fuck), autant de l’autre il restait pétrifié, comme un con, les deux mains sur les patins, à le regarder comme s’il était le père noël tout droit descendu de son traineau. Il avait toujours cru qu’il maîtrisait le truc, quand il s’agissait d’ex (can I buy you a drink?, ça tenait souvent à ça et à ça uniquement - il payait un verre post-rupture comme il avait payé un verre à la rencontre et, autour du verre en question, tout allait un petit peu mieux), et puis il y avait Silas. Mais après tout, s’il y avait eu une chose à laquelle l’autre homme avait toujours été spécialement bon, c’était foutre son cerveau en l’air et décréter que toutes les exceptions possibles, là, il allait les réaliser. Great. Great great great. Son écharpe, trop densément serrée pour être stable, s’était à demi cassée la gueule pour tomber en pans piteux sur le dessus du comptoir. Il aurait pu s’affoler. A la place, il regardait toujours Silas sans vraiment le regarder, et quelques petites informations arrivaient jusqu’à son cerveau, juste là, au compte-goutte.
Et puis, il y eut comme un révélation dans son cerveau en question, qui, à ce stade, était probablement à demi gelé et à demi pétrifié. Silas hates me.
Le sourire qu’il avait fini par presque esquisser sur ses lèvres se cassa la gueule étonnamment plus vite qu’il était venu, et il resta là, toujours stupide, toujours figé, à le contempler comme s’il venait de s’emparer d’un chiot pour lui donner un coup de pied tout aussi sec. « The iceskate thing. Right. » qu’il souffla tout bas, sans bouger d’un pouce. Il n’avait jamais aimé ce mot, ice-skate. Ces trucs-là, c’était sûrement pas un skate. Mais la petite digression interne, elle aussi, vint s’échouer, totalement morte, comme elle était venue. Quand il parvint à bouger à nouveau, ce fut pour avoir un geste malhabile, une sorte de petit dandinement ridicule et mal à l’aise, comme il s’emparait des deux patins à glace que l’autre homme avait déposé devant lui pour les lâcher tout droit dans le vide, de son côté du comptoir. Point positif: il avait tout à fait réussi à arracher son regard à sa contemplation maintenant (qu’est-ce qu’il lui avait dit, la toute première fois qu’il l’avait vu? ha oui, quelque chose sur ses yeux - quelque chose sur son visage de façon générale, d’ailleurs, about how fucking gorgeous he looks, il n’avait jamais tout à fait changé d’avis, Silas était merveilleusement beau, et Silas était aussi merveilleusement froid, il lui avait jeté un regard glacé ce jour là, presque aussi glacé qu’aujourd’hui, fuck that hurts). Point négatif: il était toujours à demi court-circuité, incapable de réfléchir à la suite des opérations, incapable de réagir pour avoir un tout petit peu moins l’air d’un con. A la place, il souffla un « I’m not… », l’abrégea aussitôt pour un « Did you… », inspira, expira un « I just wanted to ta… », arrêta tout net. Bien. Ce n’était pas aujourd’hui qu’il révèlerait une incroyable éloquence en situation de crise. C’était con, pourtant - le reste du temps, il avait au moins le mérite d’être un beau parleur. Genre, à toute épreuve. Mais ce genre de choses devenait radicalement caduque face à face avec l’homme que vous aviez pensé épouser un jour il y avait six mois de cela encore.
« I’m sorry. I work better with kids. Kids are nice here. They like me. » - ce fut tout ce qu’il parvint à articuler, toujours à demi déphasé. Une piètre justification. Parce que, quelque part, c’était encore comme s’ils étaient tous les deux assis sur le même canapé, que Silas le grondait à demi pour être incapable de faire un job correctement (ou plutôt garder un job plus d’une semaine), et que lui cherchait des moyens de se justifier, d’expliquer au moins un tant soit peu ce qui se tramait dans sa tête. Probablement qu’il ne règlerait pas cette situation là avec des « I love you ». Ouais. Ca serait étonnant. Il amena une main à sa tête, renvoya ses cheveux trop longs (you look like a fucking hippie, Alvin, disait Debbie, maintenant à chaque fois qu’elle le voyait) vers l’arrière dans un maigre espoir d’avoir l’air calme et détendu - quand le plus clair de son visage hurlait la mortification et une forme spécialement vicieuse de douleur. « I’m sorry. » qu’il marmonna tout bas. Il savait qu’il était supposé s’emparer d’autres patins - enfin, ça semblait logique, non? - mais n’avait toujours pas bougé d’un poil. Peut-être qu’au fond il n’avait pas envie que Silas se barre. Mais soyons tout à fait honnête: il avait probablement tout intérêt à ce que Silas s’en aille, tant qu’il lui restait encore quelques derniers petits lambeaux de dignité. « I wasn’t expecting to see you » Un murmure. Tout comme il ne s’attendait pas à sortir se bourrer méchamment la gueule ce soir - mais le fait était là: il allait y mettre tout un soin particulier, et finir par beugler All by myself dans sa bagnole parce que Bridget Jones had nothing on him. « What’s your… » Son dos s’était bizarrement raidi dans sa position étrange, à moitié prêt à fouiller dans le tas de patins, à moitié prêt à se retourner pour se barrer en courant « …Shoe size again? » Il avait su ça, mais à cet instant c’était juste que son cerveau ne fonctionnait plus tout à fait correctement. Probablement que trop d’espace était alloué à la boucle de Silas hates me et autres joyeusetés du genre. Il n’avait jamais eu ce ton glacé avec lui, Silas. Même le jour où ils avaient rompu, il avait au moins eu droit à de la vraie exaspération et une forme de désespoir - pas cette suite de soupirs et de phrases froides. Pas le genre de choses qu’il avait espéré entendre un jour.


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Dim 13 Nov - 15:49

Il détestait chaque seconde qui s’écoulait. Il détestait se sentiment persistant au fond de ses entrailles, cette envie brulante de fuir. Silas savait bien que dans ce genre d’occasion il était quelqu’un de froid. On le lui avait fait remarqué à plusieurs reprise, et il ne fallait pas un génie pour s’en rendre compte. Mais finalement c’était quelque chose qui lui correspondait bien. Il aimait être froid dans ce genre de situation, parce que généralement cela signifiait qu’il était en même temps indifférent. Les rares fois ou il avait recroisé ses ex, il avait accueillit les claques sans broncher, sans même ciller. C’était perturbant et même désagréable sur plusieurs échelles, mais pour Silas c’était un statu quo plutôt confortable. Mais il n’avait rien de tout ça là. Déjà Alvin n’allait pas lui en coller une. Ce n’était pas son genre, et il n’avait surement aucune raison de le faire. Les choses s’étaient finie, c’est tout. Aucun des deux n’avaient trahit l’autre ou avait cessé de l’aimer, c’était juste… Fini. Silas ne savait pas vraiment quoi en dire de plus. Il ne s’était pas vraiment laissé le temps d’y réfléchir. Il n’avait pas vraiment eu envie d’y réfléchir. A quoi bon ? C’était fini. On en parlerait plus de toute façon. Silas était comme ça, il rangeait les choses dans des boites et les foutaient dans un coin. Il lui avait fallut une soirée pour déménagé de leur appartement commun. Dans sa tête c’était aussi le temps qu’il avait accordé à son cerveau pour faire le ménage de sa relation avec Alvin. Est-ce que c’était juste ? Non, surement pas, mais comme il ne se laissait pas le temps d’y réfléchir d’avantage ce n’était pas encore un problème. Et ça ne deviendrait pas à un problème à l’avenir. Parce que la boite était fermée. Elle était mise dans un coin. C’était fini. Il n’y avait plus rien à en dire.

Et honnêtement à voir Alvin, on ne pouvait qu’être d’accord. Ce dernier n’arrivait pas à aligner deux mots compréhensible d’affiler. On pouvait donc nécessairement en conclure qu’il n’y avait plus rien à dire. Parfois Silas se demandait comment Alvin faisait pour être si à l’aise avec tout le monde et si maladroit avec lui. Oui, Alvin lui avait dit maintes et maintes fois qu’il était intimidant. Il voulait bien le croire pour les premiers mois après leur rencontre. Mais après deux ans de vie commune, il ne fallait plus exagérer. Alvin le connaissait. Il savait tout ce qu’il y avait de ridicule à savoir sur lui. Il l’avait vu dans tous ses états. Il ne devait plus rien y avoir d’intimidant à son propos. Besides. C’était finit. Ils étaient dans un carton. Bien rangé, contrairement au tas de patin qu’Alvin laissait voir au monde. Il roula donc plusieurs fois des yeux face à l’incapacité d’Alvin à parler. Fuck Alvin. Grow up. pensa-t-il aussi, en écho au raison qui l’avait poussé à rompre sans aucun doute. Il était fatigué d’avance de tout ce qui allait se passer. Il était fatigué parce qu’il n’arrivait même pas à s’énerver. Pourtant il l’avait fait la dernière fois. C’était comme ça qu’il avait trouver la force de partir, de plier bagage et de tout mettre dans une petite boite, dans un coin de sa tête, dans un coin de sa chambre, dans le Bronx. Il n’arrivait pas à s’énerver parce que face au désarrois d’Alvin son estomac se retournait et Oh god. Il détestait ça. Il détestait cette impression de résiduelle, d’attachement. C’était finit. Il avait tourné la page. Il n’y avait plus rien. Et putain, Alvin. Stop looking at me like a lost puppy damn it ! Il fit grincer ses dents, sans faire exprès franchement et détourna le regard. L’espace d’un instant il chercha de l’air, ou bien une échappatoire possible, il n’était pas bien sûr.

Il n’avait pas envie d’être là. Il n’avait plus envie d’être là. Il n’avait même plus envie de patiner. Entre la mauvaise humeur de Salome et sa rencontre avec Alvin il avait juste envie de vomir. Il était énervé. Contre lui même, ou contre n’importe qui. Il détestait ça. Du début, jusqu’à la fin. Il soupira un « i don’t judge » à la veine tentative d’Alvin de s’expliquer. Bien sûr qu’il jugeait. Enfin, non, pas vraiment, sur le fond il s’en foutait, ce n’était vraiment plus son problème. Il aurait juste aimé qu’Alvin soit efficace avec lui pour qu’il puisse déguerpir. Il aurait juste aimé qu’Alvin ne lui parle pas de combien il est doué avec les enfants. Il aurait aimé qu’Alvin se taise et fasse juste son boulot finalement. Est-ce que c’était trop lui demander ? Oui probablement. S’il y avait bien une chose qu’Alvin n’était vraiment pas fichu de faire c’était de se taire. Il n’avait jamais sur le faire et ne serait sans doute jamais capable de le faire. Damned c’était sans doute pour ça qu’il aurait juste préféré ne pas le revoir. « Me neither » il souffla « Me neither » Il répéta, un peu agacé. Non, il ne s’attendait pas à le voir ici. Et oui, au fond, ça l’emmerdait. Ca l’emmerdait parce que maintenant il se sentait mal. Il se sentait mal parce qu’il voyait qu’il venait d’assassiner Alvin une deuxième fois. Et c’était pas le but de sa journée. Lorsqu’il l’entendit parler encore il laissa tomber brutalement sa tête contre le comptoir. Soudainement il ne savait plus s’il avait envie de rire ou de pleurer. Damn it Alvin. « Are you doing this on purpose Alvin ? » il souffla, se mordant la lèvre pour retenir le rire ou les larmes, selon, il ne savait pas toujours bien. « Because believe me, I don’t want to be mean to you, but… seriously ? » il soupira et se passa sa main sur ses tempes « size 10 » il soupira en se redressa lentement, posa sa main sur le comptoir, tapota un rythme absurde avec ses doigts. Well. A bien y réfléchir, il avait d’avantage envie de pleurer. Et il avait une sensation très inconfortable de vide au fond de l’estomac. Il n’avait définitivement pas envie d’être là. Il regardait désespérément ses chaussettes, au point de remarquer la futur naissance d’un potentiel trou. Great.
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Dim 13 Nov - 22:39

Il pouvait presque imaginer le regard courroucé de sa soeur. Il pouvait presque l’imaginer lui faire les gros yeux d’un coin du parc et l’observer fixement l'air de lui demander de se faire pousser des couilles, putain, et plus vite que ça, et que ça saute. Oh, elle avait roulé des yeux, Debbie, à chaque fois qu’il parlait de Silas, en s’aplatissant à chaque seconde et en répétant à qui voulait l’entendre (et à qui ne voulait pas l’entendre, aussi, d’ailleurs, c’était même un gros problème) qu’il avait déconné encore, qu’il avait fait de la merde et qu’il était le seul responsable. Il ne savait toujours pas si elle avait raison ou non - il aurait même plutôt parié sur le « non » - mais il y avait une certitude dans cette vaste blague: il avait l’air d’un imbécile.
Il avait l’air d’un imbécile et il lui fallut un temps fou pour se rendre compte qu’il avait été hautement con de juste balancer les patins à glace comme ça sans prendre la peine d’en regarder la pointure ou sans prendre la peine de les mettre à l’écart des autres, god damnit Alvin, they have a problem, don’t put them back with the functional ones. Il avait l’air d’un imbécile et il n’arrivait même pas à changer l’expression de son visage, et quand il tenta un sourire son sourire eut l’air encore plus triste que l’allure d’avant alors il renonça aussitôt. Il avait l’air d’un imbécile à tressaillir légèrement à chaque fois que Silas prenait la parole - à le regarder avec de grands yeux à chacun de ses gestes, à chacune de ses mimiques. Il avait l’air d’un imbécile de A à Z, c’était pas plus compliqué que ça. Joie.
Et puis personne ne voulait jamais le croire quand il disait qu’il ferait mieux de rester au pieu le matin, d’abord! C’était limite la plus grande lutte de sa vie: des fois, il ouvrait un oeil, il savait pertinemment qu’il allait passer une journée de merde, et il y avait toujours quelqu’un pour l’attraper par la peau du cul et le balancer dans le froid. Bon, okay, pas toujours non plus mais un petit peu trop souvent, ça c’était une certitude - mais parfois on le culpabilisait et il réalisait un peu plus tard qu’on l’avait culpabilisé pour que dalle parce qu’il avait raison. Appelez ça un gut feeling, mais il se plantait rarement. Okay, il se donnait une petite marge confortable en multipliant les retraits stratégiques et en mettant toute la mauvaise volonté du monde après, mais quand même. Il n’avait pas envie de se lever ce matin. Et voilà Silas qui se pointait. CQFD. « You used to judge. » qu’il marmonna tout bas. Il était toujours à moitié entre deux actions, comme un con, et quand il risqua un regard dans la direction de l’autre homme il le vit à demi effondré de consternation, et ce fut comme l’impression d’un poids monstrueux qui s’accrochait à son coeur et le faisait descendre de quelques centimètres. Douloureusement. « I’m sorry » qu’il souffla une nouvelle fois. Ses mains s’agitèrent piteusement et il les plaqua une demi-seconde contre son visage avant de répéter encore « Sorry sorry sorry i’m trying. I’m not doing this on purpose. I swear. » Respirer. C’était ça la marche à suivre. Respirer. Il pouvait le faire. Comme un grand. Il n’était pas du tout en train de paniquer.
Dans des moments de grande inspiration, parfois, il en venait à se comparer à un ordinateur - genre, parfois, on le regardait faire des choses et c’était le moment que son cerveau trouvait opportun pour planter. Il voyait, sentait, ressentait Silas en train de perdre patience et c’était comme une forme spécialement désagréable de mortification: même au bout de six mois il aurait voulu être parfait, voulu être capable, voulu le rendre fier de lui pour une fois, mais au plus il se foutait la pression, au moins il réussissait. C’était la première leçon que lui avaient appris son enfance et son adolescence (You aren’t even trying, Alvin, disaient parfois ses camarades de classe, et lui il ne savait pas réellement comment leur dire que s’il essayait il allait foirer, l’investissement n’avait que rarement de bonnes conséquences dans son cas), elle n’avait eu de cesse de se confirmer au fil de son existence. Il inspira profondément, se pinça des lèvres « Ten. Okay. Ten. » qu’il répéta deux, trois fois, attrapa une paire de patin, l’envoya valser en entr’apercevant un neuf, fit de même avec un neuf et demi, fit de même avec un huit, soupira. « Just… just a minute okay. I’m sorry. » Et peut-être qu’il aurait dû arrêter avec ce refrain là: parce que, à ce stade, ça commençait à se faire un petit peu trop clair qu’il ne s’excusait pas uniquement pour cette sombre histoire de patins à glace. Il inspira profondément à nouveau, décida de s’accroupir pour fouiller à la base du tas, souffla « I’m sure I saw a size 10 earlier, I swear, I’m sorry. ». Un grognement. Il appuya ses deux mains sur ses genoux un petit instant avant de reprendre, à moitié pour reprendre son équilibre, à moitié pour empêcher sa tête de tourner. Il pouvait le faire. N’est-ce pas? Même qu’il voulait le faire et tout. Ou peut-être pas. Il avait autant envie que Silas attende ici indéfiniment que… pas envie que Silas attende ici indéfiniment. Il y avait certes quelque chose de mortifiant dans son regard et dans son attitude, mais la partie la plus sinistrement masochiste de son être lui disait que hé, c’était déjà quelque chose. C’était déjà toujours mieux que rien. A nouveau, il prit son visage entre ses deux mains, reprit sa recherche. Qu’est-ce que sa soeur lui avait dit, déjà? A part « Oh, Alvin », il y avait eu beaucoup de Oh-Alvin dans cette histoire, mais elle avait aussi essayé de le convaincre de ne pas faire a bigger fool of himself en empirant les choses, right, c’était bien son genre, sûrement qu’elle avait dit ça. Une nouvelle inspiration profonde « I’m… maybe you should go to the other… » Avant même d’achever sa pensée, il jeta un regard vers le comptoir de son collègue. Plein à craquer. « Shit. », qu’il conclut alors, grogna. Est-ce qu’il avait envie de pleurer? Un petit peu. Un tout petit peu. « I’m trying. I’m sorry I’m that annoying. Just… I’m trying not to freak out okay? And I’m trying to make sense out of that » Un vague geste de la main en direction de la pile de patin, et il réalisa que ouais, il n’y avait probablement pas grand sens à tirer de ou reconnaître dans ce chaos. Tout comme il n’y avait pas grand sens à tirer de cette entrevue incongrue. « Just talk to me, please, I’ll be there in a sec. », à peine un murmure. A une époque, oui, entendre Silas lui parler normalement - pas de ce ton glacé qu’il avait eu jusque là - aurait pu aider à l’empêcher de partir complètement en sucette. Là, à ce stade, ce n’était plus qu’une tentative un petit peu veine. Tant pis. Il pourrait dire qu’il avait tout essayé pour paraître digne, ce soir, au pauvre pote qui échouerait avec lui dans un bar pour se bourrer sereinement la gueule. Cette fois-ci, il tenterait de faire en sorte que ça ne soit pas Elie.


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Dim 13 Nov - 23:24

Depuis combien de minute était-il là à regarder Alvin s’enfoncer déjà ? Il ne savait plus. Mais il avait l’impression que ça faisait déjà trop longtemps. Il avait le sentiment désagréable que ses soeurs allaient finir par se rendre compte de quelque chose et partir à sa recherche. Et honnêtement, il ne manquerait plus que ça. Qu’elles le voit, lui en chaussette, à moitié désespéré, et agacé, et Alvin exactement comme Alvin. C’était pathétique. C’était pour ça qu’il ne s’embarrassait pas de rupture. Après la fin le néant, et c’était mieux comme ça. Là honnêtement il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas qu’obtenir une simple de patin pouvait être aussi compliqué lorsqu’il s’agissait de l’obtenir de son ex. Il ne savait pas que ça pouvait être aussi douloureux. Mais putain. putain. putain. Il le faisait cette fois-ci. Parce qu’il ne pouvait décemment pas partir en chaussette. Et il ne le refaisait plus jamais de sa vie. A partir de ce moment, peut importe les petites voix qui pourrait lui dire que ça pouvait être une bonne idée de revoir Alvin. Non. Non. Regardez les. Non ce n’était pas une bonne idée. Non, deux personnes qui étaient sorties ensembles n’étaient pas faites pour se revoir. Jamais. Au moins, ça c’était clair dans sa tête. Ca le soulageait presque. Presque, parce que son estomac se tordait toujours sous le poids d’un vide désagréable. Pourquoi diable le visage d’Alvin était-il si expressif ? Oh il avait adoré ce visage. Il avait adoré le voir explosé de joie, éclater de rire, pétiller de toutes les couleurs, briller d’un amour qu’il pensait sans limite. Mais à chaque fois qu’il le voyait s’effondrer, se perdre, se craqueler de tristesse c’était toujours la même chose. C’était un trou au fond de son estomac, un sentiment creux qui ne disparaissait pas. Il détestait que ça soit toujours le cas. Ca ne faisait aucun sens.

Et il sentait bien qu’Alvin était entrain de paniquer. Que tout ça n’était pas de sa faute. Qu’il était de toute évidence pas préparer à devoir servir des foutues patins à Silas. Il aurait du aller faire la queue à l’autre stand. Pas parce qu’il aurait préféré éviter Alvin - même si de toute évidence c’était ce qu’il aurait préféré faire - mais parce que ça aurait été plus juste, pour tous les deux. Parce qu’il savait - en tout cas il se doutait - qu’il avait fait souffrir Alvin. C’était bien le problème de l’autre homme. C’était bien pour ça qu’ils avaient rompu à terme. L’incapacité d’Alvin a reconnaître qu’il y avait un problème les avait poussé à la ruine. Silas en avait eu marre, finalement, sans qu’Alvin ne s’en rende compte, ou plutôt sans que Silas ne veuille se donner la peine de le signifier vraiment. Quoiqu’il en soit, il savait qu’il était parti brutalement. Lui même s’y était plus ou moins attendu. Il en avait ressenti le besoin urgent. Et après il se connaissait, il n’avait pas osé y retourner. Quoiqu’il en soit, il avait du blesser Alvin, et ce qu’il faisait ici - à savoir probablement le blesser encore plus - était injuste. C’était injuste mais il ne savait juste pas comment réagir autrement. Il ne voulait pas s’investir émotionnellement dans le quoique ce soit qui se déroulait entre eux. Il était heureux qu’il y ait un comptoir pour les séparer. Il avait besoin de ce comptoir pour les garder séparer. Il avait aussi besoin d’être froid, ou de ne pas être en effusion. Il ne voulait pas commencer à prétendre d’être content de le voir, de lui dire qu’il lui avait manqué ou quoique ce soit. Parce qu’il ne voulait surtout pas se surprendre à le penser. Il ne voulait pas se prendre au jeu. Mais de toute évidence, Alvin paniquait, et il fallait faire quelque chose. Parce que plus Alvin paniquait. Moins Silas se sentait à l’aise, et plus il regardait autour de lui avec un profond sentiment de désespoir. Est-ce que quelqu’un, n’importe qui pouvait aider ? Parce que lui il était incapable de l’aider. Qu’est ce qu’il voulait qu’il fasse franchement ? Lui dire de respirer ? Il était capable de le dire comme un robot. Dans ce genre de situation il était un putain de robot.

Il ricana bêtement en entendant sa demande ridicule. Lui parler. Come on Alvin. First of all it’s cheesy as fuck. Mais évidement, Alvin avait toujours été cheesy. Quelque part, ça l’avait toujours un peu désespéré. Et puis il avait trouvé ça mignon aussi, au fond, à force. Oui clairement, Alvin avait finit par dénicher chez Silas une tendresse qu’il n’avait jamais vu. Parfois ça l’affolait et ça l’horripilait. Il détestait être niais et romantique. Il peinait à comprendre comment ça avait pu arriver avec quelqu’un qui était tout de même - il fallait l’avouer - parfois si profondément ridicule. Mais c’était un fait, Silas s’était souvent laissé avoir par la tendresse débordante d’Alvin. Pas aujourd’hui, pas maintenant, il était pas d’humeur. Il était incapable de répondre à la niaiserie d’Alvin. « I don’t know what to say to you Alvin » il soupira, laissa à nouveau tomber sa tête contre le comptoir. Quitte à avoir l’air pitoyable autant y aller jusqu’au bout. « You know me… » il soupira. Oh oui il le connaissait, il avait entendu tellement d’histoire sur comment Silas gérait ses ex… C’était à dormir debout tellement c’était aberrant parfois. Genre… dude ?! What’s going on inside your head ?! « I couldn’t do this to save my own life » il ricana bêtement, se frappa doucement le front contre le comptoir. Oh ils étaient pitoyables et il avait un peu envie de pleurer. Voyant qu’Alvin était toujours aussi près de la crise de panique que lui de pleurer, il finit par balancer sa main de l’autre côté du comptoir et par souffler doucement « okay » il soupira dans un grognement incertain « take my hand and breathe » il souffla, se maudissant déjà de la proposition. D’un côté ça lui paraissait presque comme être une bonne idée. Il avait toujours été un mec plutôt détaché physiquement. Il n’y avait qu’à voir à quel point il était long à venir sexuellement parlant. Il pouvait donc plus donner un sentiment de chaleur tout en restant aussi froid et distant. Does that make any sens ? Meh. Il n’en savait rien. Encore une fois, il avait agit impulsivement, cherchant l’issue la plus courte à ce problème. Si ses soeurs arrivaient maintenant, il aurait l’air d’un parfait abrutit et il aurait bien du mal à s’expliquer. Ca au moins c’était sur.
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Lun 14 Nov - 0:19

Oh, il savait pertinemment ce que le plus clair des gens pensaient de lui avant de l’entendre parler. Même qu’il savait pertinemment qu’il avait souvent - très souvent - l’air un petit peu stupide. Il ne se morfondait pas plus que ça, après tout ça n’avait jamais été son genre, et franchement se coller l’étiquette « incompris » était très bas dans la liste de ses priorités mais ça le peinait, parfois - combien ses attitudes pouvaient paraître exagérées, comment ses moments de panique finissaient par se faire ressentir comme out of the blue, combien la confusion dans ses pensées semblait par instant une excuse tout à fait a propos. Aucun de ses profs ne l’avaient jamais vraiment cru quand il se pinçait des lèvres et disait qu’il essayait, parce qu’il n’avait pas l’air d’essayer, jamais. Il avait ses petits moments d’éclat, éblouissants, dieu merci. Le reste du temps, il avait l’air du dernier des cons.
Et parfois ça lui donnait surtout l’envie urgente de se mettre dans un coin et de ne plus jamais en sortir. Il y avait dans sa position accroupie un petit quelque chose de confortable, de presque foetal, qui lui donnait vaguement l’impression que au moins la pression dans sa poitrine allait finir par se relever - et puis il se souvint que Silas le regardait fixement, et à nouveau un élan de panique. Qu’est-ce qu’il était en train de faire, là? C’était ridicule. En fermant très très fort des yeux, il pouvait se souvenir des dernières instances auxquels il avait été brillant - mais ce n’était manifestement pas le moment de fermer très très fort les yeux s’il tenait aux derniers lambeaux de sa dignité, alors il s’en abstenait. A la place, il entreprit de contempler intensément le tas de patins à glace, et comment en était-il arrivé là déjà? Ha, oui, il avait décidé de laisser tomber la sculpture. Le plus ironique dans tout cela c’était que ce n’était probablement pas une si mauvaise idée que ça - i mean, who lives of sculpture - mais, à partir de là, il avait joyeusement dérivé de job en job et avait échoué là. Pendant un bref instant, il se laissa aller à songer à comment aurait été sa vie s’il avait décidé de se spécialiser en petits chérubins sculptés dans la glace pour tous vos mariages, enterrements de vie de jeune fille et bar-mitsva - et puis il eut un bref rire, tout seul comme un con, et s’arrêta là.
Ou alors, il aurait pu rester fleuriste. Il était bien, en fleuriste. Même si Silas n’avait probablement jamais tout à fait pigé les sens cachés dans les bouquets qu’il lui envoyait au tout début de leur relation, et même si les gens le regardaient comme s’il venait de se faire pousser une tentacule sur le front, mi-fascinés mi-horrifiés, quand il leur annonçait sereinement que oui, il est tout à fait possible de faire un message top-secret d’espionnage et de prévoir un guet-apens en langage des fleurs si tu sais le lire.
Mais non. Le fleuriste pour qui il bossait avait fait faillite, alors il était là, stupide. Et la voix de Silas résonnait à ses oreilles en réponse à sa supplique piteuse, un soupir, puis un autre, puis un sembla de ricanement, le nouveau bruit d’un front qui heurte un comptoir, pas le sien, c’était fou, il se serait tout à fait attendu à être celui qui cherchait la manière la plus piteuse de prendre la fuite à cet instant - la fuite par concussion cérébrale. Il était resté accroupi et il y avait maintenant un distinct début de douleur dans ses mollets, aigue, d’avoir trop gardé cette position. Pas à la hauteur des bonds incessants que continuait à faire ses pensées, certes, mais tout de même. D’ailleurs, en parlant de ceux-là, à ce stade, il n’y avait presque plus la moindre pensée distincte, juste une extinction totale des feux comme ses mains, machinalement, fouinaient toujours dans le tas de patins à glace. Les chiffres sous les talons défilaient devant ses yeux et, tout à coup, ne faisaient guère plus de sens que les dessins d’un gamin de cinq ans (« Silas wanted kids, Debbie, do you think I would have been a good dad? » « Oh, Alvin » - ne pas penser à ça, ne surtout pas penser à ça), et puis il eut un bref mouvement d’impuissance avant de laisser son poing s’abattre sur son genou. Le bruit du choc ricocha dans son crâne, et puis il entendit la proposition de Silas, tourna légèrement la tête pour voir le geste qui l’accompagnait.
Est-ce qu'il faisait vraiment pitié à ce point là?
Scratch that. Il faisait probablement pitié à ce point là.
Mais à ce stade, il n’y avait plus guère d’autre solution que assumer… n’est-ce pas? Il ferma son visage au mieux, le redirigea intensément vers la pile de patin à glace, et tendit sa propre main presque à l’aveugle. Après quelques tâtonnements, elle finit par se refermer sur celle de l’autre homme et il expira profondément. Le contact était familier, tout comme la chaleur de cette paume là, et en se concentrant très fort il pouvait presque sentir les imperceptibles callosités de ses doigts, il pouvait presque se souvenir du temps qu’ils avaient passé ensemble. Il sentit quelque chose comme un tic nerveux à la jonction de ses deux mâchoires - et c’est en déglutissant douloureusement qu’il réalisa que la chose l’apaisait, certes, mais qu’elle lui creusait un trou dans le ventre, aussi. Le jour de leur séparation, il n’avait pas réussi à être assez pitoyable pour lui demander un dernier baiser, ou un dernier quoi que ce soit d’ailleurs - c’était à la fois l’un de ses plus grands soulagements et l’un de ses plus grands regrets. Il déglutit péniblement une dernière fois, souffla « I’m sorry. I just began. I hate this shit. I used to work in a restaurant, I mean, I worked in a restaurant last week, it was nice, but it’s not the right season so they fired me, y’see. », inspira, expira « Or maybe I deserved it. Probably. Let’s be honest for one second - I usually do. » Dans plus qu’un seul domaine, d’ailleurs. N’importe qui aurait pu supposer que leur rupture était le fait de Silas, et le fait de Silas uniquement - d’ailleurs, c’était la position qu’avait adopté Debbie, parce que Debbie était une soeur parfaite comme ça. Lui, il reconnaissait tant et si bien ses tords qu’il avait fini par tous les prendre, histoire de faire bonne mesure. Piteux, il entreprit de délier complètement ses jambes pour s’assoir purement et simplement au sol. Au sol glacé. Bien sûr. Il avait besoin d’un break. Il avait besoin d’un sérieux break, d’au moins une semaine - le genre qu’il avait pris après leur rupture. Même si ce break là avait eu des allures de dépression rampante et de pure et simple démission du cours normal de l’existence. A nouveau, il s’empara d’un patin - grogna en voyant un 9, ou un 6, il n’en savait plus rien mais ce n’était clairement pas un 10, le laissa retomber. Un soupir. « I’ll just… look through this for a moment again and if I fail to find a 10 I’ll just go and see the other guy to pick one for you. Okay? » Sa main s’enroula un petit peu mieux à celle de Silas, jusqu’à entremêler leurs doigts. Là. C’était plus familier encore. Plus glaçant encore, aussi, mais il préférait se concentrer sur le côté familier de la chose pour des raisons évidentes. « I wasn’t expecting to see you. You just caught me off-guard. Wasn’t ready. And it’s freaking cold, I just hate the cold. I swear, we don’t have the same temperatures there in Brooklyn. It’s warmer. Or maybe it’s just pollution. » A nouveau il inspira profondément, expira tout aussi profondément. La panique avait commencer à s’écarter un petit peu avec le flot de parole - et en regardant tout autour de lui, il fut tout à coup brutalement lucide quant au ridicule de la situation. Cela, bien sûr, ne suffit pas à le convaincre de lâcher la main de l’autre homme. « I’m sorry. ‘Bout everything. », qu’il ajouta du bout des lèvres. Si, jusque là, il y avait eu le moindre doute permis sur le sujet exact de ses excuses, il était à peu près certain qu’il venait de se dissiper. De sa main libre, il entama à nouveau de fouiller dans les chaussures. Dans le geste obsessif, l’envie de se mettre à pleurer comme un pauvre gamin était encore plus violente - il préférait la mettre sur le simple compte de la fatigue. C’était mieux pour son ego. Ce qui était mieux pour son ego, aussi, c’était de lâcher la main de Silas: et il le fit presque aussitôt pour reprendre ses recherches. Probablement pour ne pas lui laisser d'opportunité de le faire de lui-même. Ouais. C’était sûrement pour ça. Size 9. Size 11. Size 9/5. Se concentrer sur les chiffres pour ne pas penser qu’il avait envie de lui reprendre la main immédiatement. Ils avaient rompu. Okay? Ils avaient rompu. Et tôt ou tard, il allait falloir accepter cette idée.


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Lun 14 Nov - 9:26



C’était ridicule, non ? D’être minable à ce point là. Et qu’on se le dise, Silas était à peu près persuadé de ne jamais avoir été aussi minable. Pourtant en trente cinq ans d’existence il en avait eu des occasions d’être ridicule, et un peu piteux. Mais aussi minable qu’en jetant négligemment sa main par dessus un comptoir pour que son ex l’attrape et ne fasse pas une crise de panique ? Nope. Mille fois nope. Il avait beau essayé de s’en rappeler il ne trouvait pas. il avait même plus de dignité en s’était fait mettre en prison. C’était dire, parce que dans son souvenir, il en avait pas eu des masses à l’époque. Okay, c’était seulement la prison pour mineur, mais même là il avait vraiment compris ce que c’était d’être vraiment, vraiment blanc et il n’avait pas fait le malin. Mais ça n’avait rien avoir. Ca n’était pas une question de sentiments. Oh il détestait les sentiments. Il ne savait pas quoi faire avec les sentiments. Heureusement pour lui, il en avait jamais trop eu. En dehors de ceux inhérent à son être, ceux qui concernait sa famille et qui ne l’avait jamais dérangé plus que ça, il n’avait jamais trop été amoureux. Qu’est ce qu’il racontait, il n’avait jamais été amoureux avant cette tête cramé qu’il avait sous les yeux. Et putain ce qu’il ne comprenait pas. Il savait qu’il pouvait passer sa vie à essayer de faire du sens dans ce qui s’était passer entre eux qu’il n’y arriverait pas. C’était absurde. Et pourtant il n’allait pas se mentir, ça avait été bien. Il avait été heureux. Un temps. Là, il était sacrément minable. Comme il ne l’avait jamais été.

Il avait tendu sa main parce que l’espace d’un instant c’était plus simple que de parler. Parler c’était nécessairement faire revenir des souvenirs. Parler avec Alvin c’était risquer d’amener des sentiments sur la table. Parce qu’il faisait ça. Il parlait trop, de trop de chose, et qu’il amenait un je t’aime sans même le faire exprès, sans même réfléchir au conséquence. Déjà à l’époque il lui avait instillé un sentiment glaçant et terrifiant lorsqu’il lui avait lancé le premier « je t’aime », ou encore le premier « emménageons ensemble ». Alvin était aussi féroce sur les sentiments que Silas était frileux. Il savait d’avance qu’il ne voulait pas vraiment parler avec Alvin. La rupture n’était une chose effective que si on ne commençait pas à compliqué les choses. Il connaissait Alvin, Alvin compliquait toujours les choses. La preuve à son téléphone portable qui se noyait déjà sous un certain nombre de message, resté sans réponse. C’était mieux comme ça. Bref, un contact physique, au premier abord apparaissait comme une erreur. Pour Silas c’était encore la chose la plus facile à faire. Peut être était-ce parce qu’il était un danseur. Ou alors était-ce parce qu’il était particulièrement bizarre. Quoiqu’il en soit, il pensait que dans sa tête, un simple contact physique n’impliquait rien.

C’était idiot. Il avait été quoi… trois ans avec Alvin ? Il avait vécu deux ans avec lui. Evidement qu’un contact physique n’était pas rien. Un contact physique c’était une multitude de petite habitude. Because turns out, he was a sucker for those too. Parfois il se demandait comment ils avaient fait pour tenir si longtemps. Ils étaient exactement à l’opposé l’un de l’autre. Ils fonctionnaient de la manière la plus antithétique possible, et pourtant fallait le dire, pendant un temps ils avaient été bien. Silas serra les dents lorsqu’Alvin prit sa main, et appuya un peu mieux sa tête sur le comptoir. Voilà, ils avaient l’air bien minable. Enfin lui surtout, parce que vu la position d’Alvin, il ne devait même pas être visible. Pour peu, ça pourrait même être risible du coup. Mais non, Silas n’avait pas envie de rire. il écoutait d’une oreille distraite Alvin qui vomissait toujours ses paroles qu’il ne voulait pas écouter. Il ne voulait pas entendre l’une de ses énièmes histoires de job. Il en avait assez entendu par le passé. Il avait assez donné pour le sujet. Il ne voulait pas le plaindre. Il ne voulait pas le réconforter non plus. « you deserve a better job, you know that » il souffla faiblement, froidement sans doute. Il le pensait. Ce n’était vraiment pas la question. Mais il n’avait pas envie d’y mettre ses tripes. Parce qu’à terme ça impliquerait qu’il passe par dessus le comptoir et qu’il prenne Alvin dans ses bras. Et là, ça serait la fin du monde et ce n’était pas pour ça qu’il était venu. Alors il répondait de manière courte et un peu sèche. Comme si cela pouvait seulement encourage Alvin à arrêter de parler. Il huma positivement à la proposition. Ca devait lui couter. Dans une autre vie il l’aurait été. Il aurait rangé les chaussures pour lui sur une étagère et il aurait trouvé la foutue paire. Là, il en avait pas envie. Ca irait pourtant plus vite. Mais peut être qu’il avait conscience que vu ce qu’il était cela serait l’insulter. Il serra sa mâchoire encore plus brutalement lorsqu’il le sentit entremêler leur doigt. Il était tendre, l’idiot. Silas ferma les yeux, cherchant à oublier tout ce qui se trouvait autour de lui, y compris la main d’Alvin dans la sienne. Il ricana à la nouvelle intervention de son ex « yeah… me neither. Come on. Wollmann Rink ?! You’re the worst iceskater i ever saw » il souffla avec un petit rire. Ca c’était stupide de sa part. Mais quelque part, depuis qu’il était là, il avait pas pu s’empêcher d’y penser. Malgré la petite boite fermée dans un coin de sa tête, il y avait toujours des souvenirs parasites. Eux deux étants ridiculement mièvres à Wollmann Rink l’année passé en était un très certainement. Mais quelque part, c’était ce qui l’avait poussé à venir. Il pensait être sauf d’Alvin ici.

Il se redressa lorsqu’Alvin lâcha sa main, et soupira en l’entendant s’excuser, encore. Comme quoi ils reprenaient vite leur rôle. « Stop that Alvin. We don’t have to do that. » il soufflla en regardant un point dans le vide « I don’t want to do that. » il mit les mais dans ses poches « It’s all fine, just find the iceskate please. Salome and Rebecca are waiting. » il ajouta doucement. C’était surement la chose la plus agréable qu’il lui avait dite depuis le début. Enfin agréable. La plus douce. Mais c’était déjà ça.
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Lun 14 Nov - 21:25

Avec le temps, c’était devenu un cycle parfaitement rodé, une bonne vieille petite habitude. Il y avait des accès de panique, une soudaine averse de pensées contradictoires, un temps de saturation violente, et puis tout s’en allait comme c’était venu - brutalement - le laissant un petit peu vide et surtout très perdu. Une sombre histoire de comparaisons et de différences inattendues, enfin, ce n’était pas non plus comme si mettre des mots sur cette histoire suffisait à réduire le phénomène - whatever. Il avait relâché la main de Silas après avoir déblatéré un petit peu de ce qu’il avait sur le coeur et il y avait eu la solitude. Résumé fait. Point barre.
S’il se sentait mieux? Pas réellement. Enfin, il se sentait différemment, c’était déjà ça, hein? Tout était brutalement devenu un petit peu plat, un petit peu morne - et ses mains, en s’emparant de la prochaine paire de patins, lui semblèrent monstrueusement lourdes. Il avait eu un petit rire nerveux à la mention de ses terribles capacités quand il s’agitait de patiner lui-même, à peine soufflé un « Says the dancer. It’s unfair. We obviously aren’t on the same level. », brutalement écrasé sous le poids de la nostalgie. C’était ça, maintenant, le problème, la nostalgie, la petite soeur légitime de la panique, avec tous ses souvenirs de Silas sur la glace, de sa main qui attrapait la sienne pour l’aider à se tenir correctement enfin (« I want to go ice-skating! » « Oh, this is going to be a disaster »). Il n’était pas tout à fait certain qu’il y ait un véritable remède à cela. Probablement pas.
Size 8. Size 11. Size 9. Il gardait les lèvres serrées, probablement parce que, avec cette expression-là, son visage semblait un petit peu moins se décomposer sous le poids des souvenirs. La main de Silas, tout contre la sienne, avait laissé comme un souvenir de chaleur qui pulsait doucement dans sa paume. « Yeah. Me neither. » qu’il souffla tout bas. Quoique. Peut-être qu’il avait très justement envie de faire ça, peut-être qu’il avait très justement envie de parler - mais il fallait se rendre à l’évidence, il avait royalement loupé le coche. N’est-ce pas? « I just wanted to say that I’m… yeah… sorry… », à peine un soupir. Il avait refait la scène des centaines et des centaines de fois dans sa tête. Les scènes, même - il les avait répétées avant de s’endormir, allant même jusqu’à articuler silencieusement les mots. Ceux qu’il aurait pu dire à Silas le jour de leur rupture pour le convaincre de rester à ses côtés, de work it out. Ceux qu’il aurait pu lui dire le jour où leurs routes se recroiseraient enfin. Sous la panique, il les avait - très manifestement - oubliés. Sûrement que c’était pour le mieux. Six mois? C’était trop long pour revenir sur de telles choses - il avait probablement tourné la page depuis le temps, il ne lui fallait guère plus d’une nuit pour cela de toutes façons. A la place, il répétait bêtement qu’il était désolé, pour à peu près tout et n’importe quoi. Pas suffisant. Un petit peu ridicule. Size 11. Size 10/5 - crap, so close. Size 9. A un moment donné, il en vint même à se demander ce qui avait bien pu arriver à toutes les size 10 de son stock - voire même à se demander s’il n’en avait pas laissé passer sans y faire réellement gaffe. Probablement pas. Le doute restait permis tout de même.
En attendant, il restait assis dans le froid. Machinalement, il ré-enroula sa trop grande écharpe autour de son cou - redressa légèrement la tête à la dernière phrase. « Salome and Rebecca are here? », qu’il répéta bêtement. Bien sûr. Ca n’aurait pas du l’étonner plus que ça. Peut-être qu’il y avait même une pointe de soulagement dans sa voix à cet instant - peut-être qu’une toute petite part de lui avait commencé à se demander s’il était venu ici avec quelqu’un d’autre, un autre homme, une autre femme, whatever, probablement plus doué en patinage que Alvin dans tous les cas. Ce n’était pas non plus spécialement difficile. « Tell them I say hi » qu’il souffla. Il y avait fort à parier qu’il ne le ferait pas - mais tout de même. Il les aimait bien, les soeurs de Silas. Elles étaient jolies. Mais, de toutes façons, il avait toujours eu une tendresse particulière pour l’intégralité de la fratrie - pour en avoir entendu parler avec un amour fou, en partie, et aussi parce qu’ils l’avaient accepté avec une sorte d’étonnement admiratif. Le genre qui flattait son ego, lui rappelait que tout le monde n’avait pas le privilège de se lier ainsi à Silas. C’est à cet instant que ses mains se refermèrent sur une paire à la bonne taille, enfin. Et il resta pour quelques secondes complètement immobile, à les tenir entre ses mains, les lèvres pincées, le regard un peu vide. Quand il tourna à nouveau la tête vers l’autre homme, il le vit toujours en attente, soupira. « I… hum. I have them. », qu’il souffla tout bas. Un rire nerveux. « I made it. Are you proud yet? » Pendant une brève seconde, son visage tout entier s’épanouit dans l’un de ses immenses sourires d’enfant un petit peu trop fier de lui-même, avant de reprendre son expression de désarroi. Laborieusement, il entreprit de se relever. « I, hum, just hope it’s not the ones I dumped earlier. » Un nouveau rire nerveux « That’d be just sad. » Il les tenait toujours fermement entre ses mains, sans les lui tendre. Peut-être parce qu’il n’avait pas envie de le voir partir. C’était ridicule, mais oui, il n’avait pas envie de le voir partir. Ce n’était probablement pas le moment de lui proposer d’aller boire un verre, n’est-ce pas? Toutes les possibilités qui traversaient sa tête lui semblaient plus ridicules les unes que les autres, plus futiles, aussi, et cela comprenait aussi le simple fait de le laisser partir pour de bon. En attendant, dans le doute, il gardait les patins en main.
Ouais.
C’était stupide.


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Mar 15 Nov - 20:17

Silas et Alvin étaient particulièrement différent. Silas avait toujours aimé ça à propos d'eux. Le faite qu'il ne le comprenait pas souvent, pour ainsi dire jamais. Alvin était un challenge. Et pourtant Alvin était un confort. Il y avait eu quelque chose de très bien à leur relation. Il n'allait pas le nier. Ça serait ridicule. Mais cette différence ils l'avaient presque vu tous les jours, que ça soit dans ce qu'ils aimaient -oh mon dieu leur goûts musicaux- ou dans ce qu'ils savaient faire. Alors oui, Alvin pouvait se moquer sur le faite qu'il était facile pour Silas de ne pas être trop gauche sur la glace. C'était un danseur. Il était déjà terriblement gracieux sur la terre, le mettre sur la glace c'était tout juste le faire redescendre parmi les hommes. Mais justement, c'était exactement ce que Silas disait. La patinoire c'était son domaine. Peut être parce qu'il était danseur, ça au fond ça avait assez peu d'importance, en tout cas c'était son domaine. Il voulait bien croire qu'Alvin n'avait pas fait exprès de venir bosser ici et qu'il ne s'attendait pas à le voir là. D'une part parce qu'il n'avait surement pas compté y rester toute sa vie, ni même surement toute la saison, d'autre part parce que souvent il ne réfléchissait simplement pas. Quand Alvin se donnait la peine, il était d'une intelligence rare, qui dépassait de loin celle de Silas qui avait au fond tout au plus de la responsabilité. Mais bref, pour une fois, ce que Silas voulait lui dire, c'était qu'il aurait pu réfléchir. C'était son endroit. Il ne l'avait pas emmené pour le romantisme de la chose. Alvin savait bien à quel point Silas détestait les choses romantiques. Il l'avait amené parce que c'était l'une de ses choses favorites de l'avant de Noël. Et il avait envie de les partager avec lui. Bref, Silas estimait que ça aurait dû être hors limite. Pas Alvin,:3 toute évidence.

Silas était fatigué d'avance. Fatigué et grognon. Il avait juste envie d'avoir ses patins et de retourner avec ses sœurs. Pas parce qu'elles avaient besoin de lui, mais clairement parce que là il avait besoin d'elles. Elles n'auraient rien à faire, juste à être La. Il espérait simplement que Salome ne lui chercherait pas trop de noise. Quoique ça pouvait avoir son attrait parfois. Enfin il devait avouer qu'il était tenté par une paisible après midi sur la glace. Ils iraient manger un truc et boire un verre pour finir ou alors ils finiraient tous à la maison pour un goûter. Oh oui Silas adorait Noël. "Will you stop with the sorry ?" Il souffla un peu agacer. Il en avait marre de voir Alvin plus bas que terre. Il ne voulait pas d'excuse. Il avait aucune rancune contre lui. Il ne lui en voulait pas. Il n'avait pas vraiment fait d'erreur. Il... oh et puis Silas n'avait pas envie d'y réfléchir. Il ne voulait juste pas d'excuse. C'était ridicule et ça changeait vraiment rien. Si un sorry avait pu tout changer ça se saurait. Et puis Alvin avait toujours été un peu trop prompt à s'aplatir et s'excuser. C'était agaçant. Il savait bien que ça venait en partie d'une très mauvaise estime de lui. Mais si alors qu'ils avaient été ensemble il avait un peu essayé d'y remédier, maintenant ce n'était vraiment plus son rôle. Et puis ce n'était pas vraiment comme s'il avait été efficace de toute façon. 

Il roula des yeux devant sa réaction "I am not here alone obviously" il souffla. Parce qu'il était évident pour lui qu'il serait La avec quelqu'un de sa famille. Pour une fois Alvin n'avait pas de compétition à se faire sur lequel des deux sortirait avec une nouvelle personne en premier. Silas était hors course avant de démarrer et il le savait bien. Il s'en foutait d'ailleurs pas mal. Et il souffla sans détourner son regard "you know very well I won't". Il ne disait même pas ça parce qu'il était en colère contre lui, mais plutôt parce qu'il ne voulait pas entamer ce sujet de conversation tout court. "You can go salute them if you want" il ajouta, même si honnêtement ça le faisait chiez. S'il pouvait prétendre que tout ça n'était jamais arrivé, honnêtement il le ferait, plutôt deux fois qu'une. 

Il ne vit absolument pas venir le moment où Alvin trouva enfin les matins. C'était presque devenu inespéré. La encore il fallu qu'Alvin gâche tout. Il arque un sourcil "You want me to be proud of you because you've done your job anomaly slowly ?" Il souffla "you've always aim low but I am sure you can do a bit higher" oh il n'avait pas voulu être méchant. D'ailleurs dans le fond ça ne l'était qu'à moitié. Mais voilà, so ça pouvait vouloir dire que Silas savait qu'Alvin valait beaucoup mieux que ça, il marquait surtout Le ridicule de la situation. Et la maintenant il n'aurait pas bien pu tomber plus bas. Ou peut être pas… Pourquoi est-ce qu’il tenait les patins de la sorte ? N’allait-il pas les lui donner ? Il roula des yeux « To be fair, if those are the same, i might probably come back to kill you with the dull blade » il souffla tendant la main vers les patins pour les prendre. Encore fallait-il qu’Alvin les lâches. Parce qu’il n’avait vraiment pas envie de se lancer dans ce qui allait être un moment très puéril. Il regarda Alvin dans les yeux, posa ses doigts doucement sur l’arrière des patins pour lui montrer sans être trop agressif que la démarche à suivre était au moins de les lâcher sinon de les lui tendre et attendit un instant. Un instant passa, il arqua un sourcil et regarda attentivement Alvin, soupira « What are you trying to do exactly ? » il souffla doucement. Il n’y avait pour le moment aucune trace d’agressivité dans sa voix. Mais il était inutile de dire que si Alvin continuait sur cette voix, elle allait arriver, et vite. Silas n’était guère patient. Silas avait guère envie. « Will you give them to me ? » il souffla en accentuant fortement sur l’interrogative et sur les formules de politesse. Alvin savait que normalement Silas parlait comme un chartrier, en tout cas comme un mec bien du Bronx, parfois tout droit sortit d’un clip de Rap. « Please ? » Au cas ou c’était la politesse qui manquait, sait-on jamais.
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Mar 15 Nov - 22:05

Il ne savait même pas pourquoi il faisait tout cela - d’où venait ce besoin urgent de toujours s’aplatir devant Silas, de multiplier les excuses, de ne jamais songer, même pour une brève seconde, que la rupture n’avait pas été que son seul fait. Sa soeur le lui avait répété de toutes les façons possibles et imaginables: il y avait quelque chose de malsain dans la façon dont il semblait admirer l’autre homme à tout va, dans la façon dont il l’avait mis sur un piédestal le jour même où il l’avait rencontré (Fuck, you’re gorgeous, qu’il avait dit, il l’avait dit de toutes les façons possibles et imaginables, le visage à moitié démonté par Elie, à moitié out, aussi, mais assez lucide pour réaliser que god, that man was beautiful - certains auraient pu dire qu’il avait juste pris un mauvais coup sur la tête, pour des raisons évidentes, mais la chose s’était prolongée). Peut-être qu’il en avait conscience. A demi. Parfois. Ca ne l’avait jamais empêché de conclure Silas knows better au plus clair des conflits - même ceux à peine esquissés, hier comme aujourd’hui. De façon générale, il ne se faisait que relativement confiance. Il avait de l’assurance - oui - mais son assurance tenait plus clairement du sur-jeu que de quoi que ce soit d’autres. Le regard des autres avait toujours eu… trop d’importance. Le regard de Silas? C’était encore autre chose. C’était dévastateur.
C’était ridicule, à trente-deux ans, de chercher encore désespérément de l’approbation d’une autre personne. Il le savait. Ca ne changeait pas grand chose à l’histoire. Il écoutait Silas et se laissait guider par ses intonations, jusqu’à laisser échapper un léger rire à sa suggestion et souffler « It’s okay. I won’t. I won’t bother you with that. » à propos de ses deux soeurs. Ouais. Il n’y avait pas besoin de réfléchir outre-mesure pour comprendre que même si Silas était poli, il n’en pensait pas un mot. A la panique avait succédé le silence, et au silence avait fini par succéder le besoin urgent de prendre la fuite - il y avait au moins quelque chose de positif là-dedans, c’était que c’était probablement ce que Silas espérait le plus à cet instant. Comme quoi, tout arrivait.
Ouais. Il voulait rentrer chez lui. Il en avait sa claque, de ce boulot. Il en avait sa claque, de cette journée, ici. Vraiment, il avait eu raison en songeant qu’il ferait mieux de rester au pieu ce matin. Il aurait pu éviter… tout ça. Il aurait pu éviter d’avoir, encore une fois, l’air du dernier des cons. A la réponse de Silas, il sentit son souffle se couper quelques instants, quelque chose comme une sensation glacée au sommet de sa nuque. Il l’observa pendant quelques secondes avant de détourner les yeux, sans rien y répondre. Si, à ce stade, sa propre raison n’avait pas suffit à effacer de son visage le sourire de gamin un petit peu trop fier de lui-même, ces mots-là auraient suffi à l’arracher tout net. Il aurait pu lui dire qu’il était désolé. Mais ça n’avait pas de sens… right? Il aurait pu lui dire qu’il savait pertinemment qu’il était un incapable, qu’il n’y avait aucune raison d’en rajouter - il n’était pas non plus totalement stupide. Pour quelques secondes, le bout de ses chaussures lui sembla la plus merveilleuse des vues en ce bas-monde: la contemplation en eut presque quelque chose de féroce. Il aurait dû s’attendre à une remarque du genre. Il aurait dû. Silas était cassant comme ça, parfois. Silas was stone-cold when he didn’t care.
And Silas had stopped caring a long time ago.

Et oui, il resta stupide de longues dizaines de secondes, les patins à glace entre ses mains, incapable de se résoudre à les laisser filer et laisser filer l’autre homme avec. Et oui, pendant ce temps là, il se laissa aller à une forme tout à fait spécifique de panique. A terme, pourtant, les derniers coups de la panique finirent par retomber, et laissèrent toute la place au désarroi, à la nostalgie et à cette forme tout particulièrement glacée de résolution. Il n’y avait pas réellement de violence dans le ton de Silas - mais il y en avait toujours dans ses mots, imperceptiblement cassants. Il manqua de souffler un nouveau « sorry » à l’insistance, se reprit de justesse. A la place, il fit probablement la dernière chose qui lui restait pour sauver quelques petits derniers lambeaux de dignité: ne pas réellement répondre, s’éloigner, brutalement, et surtout s’empêcher de dire tout ce qu’il pouvait bien penser sur l’instant. Ouais. Il n’aurait plus qu’à s’enterrer vivant s’il commençait à déblatérer des « I miss you », à lui demander un dernier verre, n’importe quoi, un petit quelque chose qui pourrait tenir d’une touche d’espoir ou d’une forme de véritable fin pour leur histoire. Le plus triste dans cette histoire, c’était qu’il en était capable. A terme… « Hum. Have fun on the ice. With your sisters. », qu’il se contenta de marmonner. Sa voix était plate - à des années lumières de son naturel. Il inspira profondément, relâcha sa prise sur les patins à glace, enfin, esquissa un semblant de sourire. « It’s been good to see you », un nouveau souffle. Quelque part, c’était réellement le cas - et puis, d’un autre côté, il y avait la totale mortification, l’impression d’être plus bas que terre, brutalement. « See ya. » Bien. Bien. Il n’avait rien dit de ridicule. Bien. Ca irait. Et oui, c’était ridicule, dépendre à ce point de son approbation - avoir, encore aujourd’hui, cette angoisse monstrueuse de passer pour le dernier des imbéciles devant lui. D’autant plus ridicule que, même en prenant toutes les précautions du monde, il arrivait quand même à ce résultat.
A ce stade, il n’avait probablement plus qu’à démissionner de ce job aussi (avant d’être renvoyé, de toutes façons) pour passer le reste de la semaine enroulé dans sa couette. Ouais. Ce programme lui convenait à merveille. Tout lui convenait mieux que ça. Tout lui convenait tellement, tellement mieux que ça.


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Mer 16 Nov - 20:40

Silas n'avait aucune envie de faire souffrir Alvin. Ça n'avait jamais été son but et ça ne le serait jamais. Il n'avait pas voulu être méchant, ou désagréable, ou bref. Il ne savait pas faire ça. Il n'avait aucune idée de comment lui parler. La rupture semblait d'une part avoir entériné toutes les choses qui l'énervait à propos d'Alvin. Toute ses choses sur lesquels il avait fait usage de patience et qu'aujourd'hui il se disait qu'il n'avait plus besoin de les supporter. Et puis il avait le sentiment qu'il ne devait plus lui parler avec tendresse. C'était un peu stupide, sans doute, mais il avait besoin de marquer une différence. Il n'avait juste aucune idée de comment le faire. La solution facile aurait été de ne pas le faire, et c'était ce qu'il avait fait pendant six mois. Il avait laissé les messages sans réponses dans la mesure du possible. Il ne l'avait pas vu. Ils s'étaient mutuellement laissé de l'air. C'était bien non ? L'air après une rupture. Parce que La honnêtement ils avaient tous les deux l'air de s'étouffer et ce n'était pas exactement beau à voir. Il aurait préféré éviter ça. Il aurait préféré ne pas faire souffrir Alvin. Pendant un moment il avait même espérer que Alvin était suffisamment léger pour s'en remettre facilement. Après tout, les rupture ça lui arrivait tout le temps. Il aimait, rompait, s'en remettait. Il n'y avait pas de raison que cela soit différent. Il avait vécu avec des gens avant. Silas n'était rien de nouveau. Ça aurait dû lui passer. Il ne voulait pas être presomptueux mais ça n'avait pas eu l'air de lui avoir passé. Il avait l'impression de Le poignarder à répétition et de lui coller des mandales. C'était désagréable. Il détestait ce rôle du grand méchant des relations. Il était toujours celui qui rompait, celui qui manquait de sensibilité, celui qui faisait mal. Et si lui aussi avait mal ? Et si lui aussi avait envie de se terrer dans un coin. Bon, certes, il ne le ferait pas, il avait sa dignité, mais et puis quoi s'il ressentait ça aussi. Il ne disait pas qu'il voulait qu'Alvin Le fasse souffrir pour changer. Il voulait juste un cesser le feu. Parce que le visage blessé et détruit de son ex était comme un coup de poignard dans une botte de beurre bien molle.

Mais bon, au départ c'était surement de sa faute. C'était lui qui manquait cruellement de sensibilité et qui ne s'avait pas s'exprimer correctement. Combien de fois on l'avait regardé interdit et on avait souffle "oh that's harsh Silas" ? Plus de fois qu'il ne pouvait en compter de toute évidence. Il mettait les pieds dans le plat, il ne sentait pas les limites de la sensibilité de l'autre et avait un problème non négligeable avec les conventions sociales. Il avait envie d'espérer qu'Alvin Le connaissait assez pour ne pas se formaliser, mais quelque part, il était sur que même si Alvin Le connaissait bien, il arriverait à tirer de tout ça La mauvaise conclusion. Alvin était doué pour ça parfois. Des que sa sensibilités n'étaient pas en jeu il pouvait lire entre les lignes comme un chef, parfois mieux que Silas ne l'aurait dit du premier coup. Oh mais des que ça le touchait lui. On le perdait et tout allait dans une direction "i suck, he hates me@ et ses variantes. Silas n'avait pas envie de deviner quelle variante c'était aujourd'hui, mais il était près à parier que s'en était une d'elle. Sans doute qu'on ne se refaisait pas.

Il se pinça fort les lèvres en Le voyant reculer, le visage détruit, pour regarder ses chaussures. Il soupira. Et merde. Non, tant pis, il ne ferait rien pour arranger ça. Il n'y avait rien qu'il puisse faire de toute façon. Avec la rupture, Silas avait surement perdu tout ces pouvoirs positif envers Alvin. Il attrapa ses patins et soupira à nouveau. Ça craignait tout ça. Il en avait marre. Il attrapa un premier patin et entreprit de l'enfiler. C'était toujours une entreprise périlleuse, Le genre pendant lesquels tu avais l'air con, no Matter what. Il se tortilla donc, finit par réussir à mettre son pied et ajusta la chaussure a sa cheville. Sans ça faisait mal. Parce que les patins à glace était -de reputation- aussi peu confortable ou presque sur des chaussures de sky. Ceux des patinoires en tout cas. Il refit la même chose avec Le deuxieme pied, se maudissant toujours autant d'avoir l'air d'un tel abrutit. Il souffla un léger "thanks" en réponse a tout ce qu'Alvin lui disait. Après tout, rien dans son livre "être Le parfait ex", ne lui interdisait de dire merci. Et contrairement à l'effet qu'il pouvait faire parfois, il n'était pas un parfait connard non plus. Hell, il n'était pas parfait du tout. Il avait des failles, ses énormes failles bien visible.

Il finit par venir à bout de la deuxieme chaussure et par se redresser victorieux. Enfin, victorieux, il se redressa, reprenant enfin toute son ampleur, pour regagner la dignité d'avoir passé La dernière demi heure en chaussette et de s'être trémoussé comme un con pour mettre ses chaussures. Il voulu répondre à Alvin un dismissif "you too" mais Alvin saurait repérer le mensonge, ou plutôt l'excès de politesse. Il soupira à la place et après s'être mordu la lèvre souffla un sincère "Take Care." Ça lui semblait approprié. Après tout il n'était pas un pro dans les relations entre deux ex -ahah- mais ça avait l'air d'être le genre de chose normale à dire. L'air de rien, sans rancoeur ni rien. Il évita de répondre à la promesse d'une nouvelle rencontre. Il n'en avait guère envie. Surtout si elle devait tous être comme celle la. Mais bon, il avait surement terminé de briser le cœur d'Alvin pour tout de suite, valait mieux battre en retraite discrètement, sans trop en dire. Il aurait tout le loisir de l'ignorer ensuite. Il n'avait qu'à marcher avec Le plus de grâce possible sur des lames de patin et puis disparaître. Et surtout ne rien montrer de son humeur à ses sœurs. Easy.

DONE
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