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 we walk the plank with eyes wide open | lin&seth

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‣ Emploi : Danny Zuko dans Grease, ex-star de films Disney, roi des irresponsables
‣ Situation amoureuse : Célibataire et gros papillonneur. Divorcé, aussi - après un mariage extrêmement court et peu-productif avec Scarlett Van Doren.
Dim 13 Nov - 18:11

Qu’est-ce qu’il se disait, déjà, d’habitude, à propos de l’alcool et de la drogue?
Ah, oui. Pas vu, pas pris. Welp…
D’habitude, ça marchait très bien pour lui comme logique. Faut dire que Seth, parmi ses rares qualités, avait au moins celle de l’auto-conviction. C’était fou, combien on pouvait réduire drastiquement la douleur qu’on ressentait dans son foie et dans ses boyaux au lendemain d’une sévère cuite en y mettant assez d’énergie mentale - c’était fou, aussi, combien on pouvait se sentir pépère en enchaînant verre sur verre sans jamais franchir la pourtant fine barrière entre le good trip et le very bad, bad, bad one. Dans quelques moments de poésie et d’abus de substances diverses et variées, il se lançait parfois dans d’intenses discours sur combien il n’était, à terme, qu’une forme extrêmement spécifique d’équilibriste. Dire qu’il n’avait pas de filet sous ses jambes aurait été un euphémisme - mais l’insouciance était aussi une forme d’ivresse, alors il la cultivait joyeusement. Jusqu’au moment où il ne le pouvait plus.
Il ne savait même pas vraiment à quel instant il avait dérapé. Les plus loquaces auraient pu dire que c’était il y avait bien dix ans de cela - lui, il cherchait un petit peu plus dans la proximité et se heurtait simplement à l’incompréhension la plus totale. C'était un mois comme les autres (si on oubliait qu’il jouait sa carrière sur un ultime coup de poker appelé Danny Zuko et tiens, ça faisait un bail qu’il n’avait pas joué au poker, ça lui manquait), c’était une semaine comme les autres, c’était une journée comme les autres, c’était une soirée comme les autres. Du binge-drinking, il avait fait l’une de ses plus grandes habitudes - au point d’en oublier qu’elle était foncièrement malsaine, surtout conjuguée à ses autres mauvais côtés. D’ordinaire, il n’y avait pas de quoi appeler la police.
D’ordinaire, il n’était pas non plus prostré sur un bout de trottoir devant un bar, enroulé dans son écharpe, à se demander pourquoi sa vision avait viré au triple et quel bordel était en train de se tramer dans son estomac. Il y avait quelques minutes de cela, l’une des serveuses était venue vérifier assez placidement s’il était toujours en vie - et il avait eu ce réflexe hautement mature de fermement détourner la tête pour ne pas qu’elle puisse tout à fait voir son visage, en répétant haut et fort, la langue tellement lourde qu’elle en était dangereusement proche de ne plus répondre, que tout allait bien et qu’on allait venir le chercher. Il ne savait plus, exactement - il lui semblait s’être mordu l’intérieur de la joue quand il avait réalisé que non, de toute évidence, on ne viendrait pas le chercher, il n’en était plus tout à fait certain, non, mais il avait au moins un goût métallique dans la bouche qui semblait pointer dans cette direction. Quand elle avait demandé ce qu’il avait pris, il avait répondu « rien ». La vérité aurait plutôt tenu d’une quantité invraisemblable de scotch, et puis d’autres choses, aussi, du genre qu’on n’avouait pas, prises d’une façon hautement cliché dans un recoin de la salle de bain, sur un miroir, avec une grosse coupure, because why the fuck not. Ce n’était pas comme si elle avait même fait semblant de le croire. Ce n’était pas comme si elle aurait eu des raisons de le croire. Quand elle avait chopé son téléphone, il n’avait pas opposé la moindre résistance - ni même quand elle avait marmonné un « Well, no nice chip for you i guess » en trouvant le contact qu’il avait fort discrètement nommé « Sponsor. Call if you’re shitfaced. Whatever. » pour ensuite s’éloigner et l’appeler effectivement.
Il allait peut-être se prendre un putain de coup de pied au cul, mais au moins ça voulait dire qu’il n’allait pas crever d’une overdose aujourd’hui. Right? Il était à peu près certain que les serveuses ne faisaient pas ça, par principe, laisser les gens crever sur le pas de leur porte. Ca faisait pas très joli-joli sur la réputation d’un bar. Surtout avec un nom comme le sien.
Ce qui était peut-être un petit peu triste dans cette histoire, c’était que cette pensée ne l’avait pas affolé plus que cela une seule seconde. Lentement, il entreprit de replier ses jambes contre sa poitrine, enroula ses bras autour d’elles, laissa lourdement sa tête tomber sur le côté pour s’appuyer contre le mur. Quand ses yeux tombèrent sur la parcelle de rue à quelques centimètres de lui, il songea mollement que ha, merde, il avait potentiellement gerbé dans cette histoire - et il ferma les yeux parce que avec le vue vint magiquement l’odeur. S’il avait pris la peine d’y réfléchir deux minutes, il aurait potentiellement pu réaliser le nombre de choses qui auraient du l’affoler dans cette histoire: il n’avait aucune foutue idée d’où il se trouvait, une serveuse venait de lui prendre son téléphone, il avait mal littéralement parti, le sponsor le moins supportif du monde allait se pointer dans quelques instants et, pour couronner le tout, il ne savait même plus pourquoi il avait décidé de se faire tout ça dans un premier temps. En attendant, philosophe, il se disait qu’il avait probablement atteint son but: se vider la tête. Un peu trop, c’était toujours mieux que pas assez.
Quand la serveuse vint remettre le téléphone dans sa poche, il se laissa, à nouveau, placidement faire. « He’ll be there in five minutes. » Joie. « Don’t die here. » Son rire eut quelque chose d’un petit peu sec - plus proche d’un craquement que d’une hilarité, pour être tout à fait honnête.
Et quand elle disparut pour céder la place à une nouvelle présence, il n’avait toujours pas bougé d’un centimètre. Les yeux fermement clos, il se contenta de marmonner un « I screwed up, I know. » - avant de plaquer une main sur sa poitrine parce que putain, il avait envie de gerber à nouveau.
Est-ce qu'il était en train de se mettre à pleuvoir?
Bien sûr. Fuck.
Soirée de merde.


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(c) anaelle
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Mar 20 Déc - 18:34

C’est le bruit entêtant de « Time Warp » qui me sort de mon sommeil, un peu perdu pour quelques secondes je passe mon bras au-dessus de mon compagnon de la nuit pour atteindre mon téléphone. Groggy et de très mauvais poil, je ne reconnais pas le numéro qui m’appelle et répond d’un sec « What ?? » On a pas idée de réveiller les honnêtes gens à cette heure, la personne à l’autre bout du fil pouvait être le président des Etats Unis ou Beyoncé, ça ne calmerait en rien mon humeur maussade. La voix féminine qui me répond est accompagné du grognement agacé de l’homme dans mon lit, lui jetant un regard mauvais j’écoute distraitement les explications de la jeune fille. Seth toujours, sans doute né pour me pourrir la vie en général, je ne savais pas vraiment pourquoi j’avais accepté d’être son parrain. Il était totalement insupportable, arrogant, sûr de lui, un tombeur de première… peut être que le problème était qu’il était trop similaire à mon moi de 30ans.

Cette part de ma personnalité que je haïssais, qui m’avait rendu comme je suis : infirme et privé de mon rêve. En plus de ça, le jeune homme était têtu comme il ne devrait pas être permis et ne comprenait absolument rien à mes conseils avisés. J’étais passé par là, je savais qu’il allait droit dans le mur et même s’il était tout à fait détestable, je n’avais pas envie d’avoir sur la conscience une autre vie gâchée. « Sir ? » la voix de la jeune femme me sort de mes pensées et je me souviens que je n’ai rien répondu à sa requête.

« Can you send me by text the address please? » Je lui demande plus calmement, plus poliment après tout elle aussi devait supporter les extravagances de notre jeune ami et n’avait pas besoin de ma mauvaise humeur pour ruiner sa nuit qui devait déjà être très mal partie. « Where is he ? Outside ? If he gets you into trouble just pour some water on his head it should at least make him stop. » J’ajoute avec un petit sourire, imaginant la star de grease en chat trempé sur le bord d’un trottoir malfamé.

Coupant court à la conversation après sa réponse, je bouscule doucement la personne à mes côtés, plus très sûr de son nom, il avait sans doute dû me le dire à un moment ou à un autre mais j’avais été bien trop occupé à regarder fixement ses lèvres bien pleines et son sourire en coin pour me préoccuper de choses aussi banales. « You need to go home I have to leave now. » N’attendant pas sa réponse, je me lève rapidement, attrapant les habits disséminés dans toutes la pièce, balançant ce qui ne m’appartient pas sur le lit, enfilant les miens au fur et à mesure de ma quête. « Hey… boy move your ass, I don’t have time right now » des yeux fatigués me répondent et il se décide enfin à bouger, une question semble vouloir quitter sa bouche mais il se ravise rapidement, sans doute démotivé par mon expression faciale.

Quand mon appartement est enfin libre, j’appelle un taxi d’un sifflement et d’un mouvement de bras, laissant l’autre homme toujours pas complètement éveillé sur le trottoir de ma rue. J’ai eu de la chance de tomber sur un taxi aussi vite et il aura probablement beaucoup plus de temps que moi à attendre dans la rue, tant pis, je ne pouvais pas être la mère Theresa de toutes les causes perdues. La voiture circule quelques minutes avant de s’arrêter au coin de la rue où je dois récupérer la nouvelle diva de Broadway. Je donne un billet bien trop élevé au chauffeur, trop agacé pour prendre le temps de compter ou attendre qu’il me donne la monnaie, je sors précipitamment. Du coin de l’œil je peux voir une forme sur le sol et je m’arrête en face d’elle, observant ce qui reste d’un jeune homme qui aurait pu être si brillant, fumant à l’intérieur des ressemblances entre nous, n’appréciant pas de voir quelqu’un réduit à un état aussi pitoyable.

« Yeah you did boy, don’t you think? Is it what you fucking want? Spending all your nights on the pavement, not even capable of finding your way home? It’s pathetic. Up, now.” N’attendant même pas sa réponse j’attrape fermement le bras du jeune homme avec la main qui ne tient pas ma canne et le relève avant de le pousser sur le mur. Je n’ai ni les moyens physiques, ni l’envie de l’aider à se tenir debout.

« Your diva attitude is good enough for Hollywood kid, you’re a Broadway star now, you’re out of your fucking league and if you go on in that way you’re going to be nothing, do you understand? No one will want you here if you screw everything up and no one will take you back to your movie paradise once they see what you are now. You need to get yourself together or you’ll end up useless and alone.” Like me, je me retiens d’ajouter en regardant le jeune homme.

Je ne suis pas tendre avec lui mais c’est peut-être ça son problème, tout le monde a été trop gentil et il ne se rend pas compte des difficultés de la vie et ça l’a foutu en l’air. Peut-être qu’un bon coup de pied au cul lui servirait à se remettre en selle. En tout cas, ça me faisait du bien à moi de pouvoir lui dire ce que je pense, de pouvoir balancer toutes les choses que j’aimerais pouvoir dire à une version plus jeune de moi-même. Que ça l’aide ou non après tout c’était à lui de se reprendre en main pas aux autres, au plus on force quelqu’un à faire quelque chose au plus il nagera à contre-courant. Soufflant presque bruyamment j’ajoute :

« Let’s get you some water and something to eat to try getting ride of some of the shit you have in your blood. »
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